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Pete Hegseth vedette d’un sommet défense d’Asie-Pacifique sans ministre chinois

La venue de Pete Hegseth intervient deux semaines après une visite d’État de Donald Trump en Chine.

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Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, à gauche, et le ministre singapourien de la Défense Chan Chun Sing partagent un moment de détente lors de leur rencontre en marge du Dialogue de Shangri-La, le forum annuel asiatique sur la défense et la sécurité, à Singapour, le vendredi 29 mai 2026. Via AP Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, à gauche, et le ministre singapourien de la Défense Chan Chun Sing partagent un moment de détente lors de leur rencontre en marge du Dialogue de Shangri-La, le forum annuel asiatique sur la défense et la sécurité, à Singapour, le vendredi 29 mai 2026. Via AP (Singapore Ministery of Defense/Singapore Ministry of Defense vi)

Le chef du Pentagone, Pete Hegseth, est la tête d’affiche du principal forum de défense d’Asie-Pacifique qui s’est ouvert vendredi, mais aucun haut responsable chinois n’est présent, laissant Washington imposer le ton sur Taïwan et l’Iran.

Pour la deuxième année consécutive, la Chine n’enverra pas Dong Jun, son ministre de la Défense, au Dialogue de Shangri-La organisé à Singapour. L’événement réunit durant trois jours chefs militaires et chercheurs d’environ 45 pays.

Pour des analystes, l’envoi par Pékin d’une délégation de faible niveau, constituée principalement d’experts militaires, est le signe de la puissance croissante du géant asiatique, qui ne s’embarrasse plus d’y dépêcher ses hauts responsables.

Le Dialogue de Shangri-La, organisé dans un hôtel de luxe, propose chaque année discours et tables rondes, lors de sessions publiques ou dans l’intimité de salons feutrés. Mais aucune rencontre n’aura donc lieu lors de cette édition entre Dong Jun et Pete Hegseth.

Les deux hommes auraient pourtant eu matière à s’entretenir: de la manière pour les États-Unis de trouver une issue au conflit contre l’Iran — potentiellement avec l’aide de la Chine — au dossier bilatéral ultrasensible de Taïwan, où Pékin met régulièrement en garde Washington contre toute ingérence.

Dans son discours d’ouverture du Dialogue de Shangri-La vendredi soir, le président vietnamien To Lam a appelé les participants à faire de ces discussions «des outils véritablement efficaces dédiés à la réduction des risques» et non un simple lieu où «réaffirmer leurs positions».

«Avec retenue»

Sans citer nommément les États-Unis ou la Chine, il a exhorté les puissances «à l’intérieur et à l’extérieur de la région» à faire preuve d’une attitude «responsable».

«La concurrence doit être encadrée par le droit, guidée par la transparence et exercée avec retenue», a souligné To Lam en référence apparente à la rivalité Pékin-Washington.

Le président vietnamien a ajouté que la position de son pays sur la mer de Chine méridionale, où il entretient un différend territorial avec Pékin, demeurait «claire» et «cohérente».

La venue à Singapour de Pete Hegseth, secrétaire d’État américain à la Défense, intervient deux semaines après une visite de Donald Trump en Chine.

Le locataire de la Maison-Blanche avait revendiqué la conclusion à Pékin d’accords commerciaux «fantastiques» et sous-entendu que les ventes d’armes américaines à Taïwan pouvait être utilisées comme moyen de pression sur le géant asiatique.

Rencontre Trump-Xi: le bilan d’un sommet sur fond de tensions Par Sabrina Rivet | Le voyage de Donald Trump en Chine a pris fin vendredi. Le président américain et son homologue chinois, XI Jin Ping, ont tenté de s'entendre sur des enjeux majeurs, mais leurs discussions n’ont pas donné lieu à d'avancées majeures dans de grands dossiers.

Le discours de Pete Hegseth samedi matin promet d’être «assez virulent contre la Chine, mais principalement à destination du public américain», prédit Oh Ei Sun, chercheur à l’Institut des affaires internationales de Singapour.

La Chine avait envoyé Dong Jun au Dialogue de Shangri-La en 2024 et il y avait rencontré son homologue américain de l’époque, Lloyd Austin. Mais il était absent l’an dernier.

Le géant asiatique est représenté lors de cette édition par le général de division Meng Xiangqing, de l’Université de la Défense nationale. Il conduit notamment un groupe d’experts et membres de cette institution, mais aussi de l’Académie des sciences militaires et de la Marine.

Critiques de l’Australie

«La Chine est désormais devenue une grande puissance régionale, donc elle n’a pas vraiment besoin d’envoyer son ministre de la Défense pour y affronter une pluie de questions et chercher à se faire bien voir», estime William Choong, chercheur à l’Institut ISEAS-Yusof Ishak, à Singapour.

Mais comme l’an dernier, Pékin n’aura ainsi aucun haut dirigeant sur place pour contrer de possibles critiques de Washington sur Taïwan ou la mer de Chine méridionale.

Autre occasion pour les États-Unis d’imposer leur tempo: les ministres de la Défense américain, britannique et australien doivent s’entretenir en marge du forum.

Ces trois pays ont fondé l’accord de coopération militaire «Aukus». Son objectif officiel est de renforcer la stabilité en Asie-Pacifique, mais Pékin y voit une tentative de contrer son développement économique et militaire.

Le ministre australien de la Défense, Richard Marles, a assuré vendredi à la presse que l’Australie cherchait à «préserver l’ordre mondial fondé sur des règles».

«La Chine a considérablement renforcé son armée (…) sans les garanties stratégiques que nous espérions», a-t-il lancé, dans une première charge contre Pékin.