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«Personne ne va l’enlever», dit la fille de Raúl Castro

«Je n’ai pas peur car je sais qu’ils ne vont pas le faire.»

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Mariela Castro in Havana, Cuba Mariela Castro in Havana, Cuba, on May 5, 2014. (AP / Franklin Reyes)

Mariela Castro, une des filles de l’ancien dirigeant cubain Raúl Castro, a écarté vendredi tout enlèvement de son père par les forces américaines à Cuba, quelques jours après l’accusation de ce dernier aux États-Unis.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, un allié de La Havane, avait été enlevé en janvier à Caracas lors d’une spectaculaire opération des forces spéciales américaines. Il avait auparavant été accusé par la justice des États-Unis, notamment pour «narcotrafic international», et est détenu depuis aux États-Unis en attendant son procès.

La fille de Raúl Castro, âgé de 94 ans, a déclaré devant la presse que «personne ne va l’enlever, ni lui, ni personne. Nous sommes prêts à combattre l’impérialisme». Elle est la première de la famille Castro à s’exprimer publiquement sur ce sujet.

Le frère cadet de Fidel Castro (1926-2016), l’ennemi juré de Washington, a été accusé mercredi aux États-Unis pour avoir ordonné en 1996, en tant que ministre de la Défense, des tirs contre deux avions civils pilotés par des membres d’une organisation anti-castriste qui volaient au large de Cuba. Quatre Américains étaient morts.

Les États-Unis inculpent Raúl Castro La justice américaine a inculpé mercredi l'ex-président cubain Raúl Castro, accusé du meurtre d'Américains en 1996.

«Je n’ai pas peur car je sais qu’ils ne vont pas le faire», a ajouté Mariela Castro, en marge d’une manifestation en soutien à son père organisée devant l’ambassade américaine à La Havane.

Mariela Castro, 63 ans, a indiqué ne pas avoir abordé directement la question de l’accusation avec son père : «Nous n’en avons pas parlé, mais quand j’ai entendu qu’on lui en avait fait mention, il a souri, comme un vieux guérillero qui sait qu’il est en sécurité, le pied sur l’étrier, et que personne ne va l’enlever, car il l’a toujours dit : +Je mourrai au combat, s’il le faut+».

Raúl Castro n’occupe plus de poste officiel au sein du gouvernement de La Havane ni du Parti communiste cubain (PCC), mais garde un poids majeur dans les décisions politiques de l’île et conserve la loyauté des forces armées.

Sa fille estime que l’accusation devant la justice américaine «viole tout ce qui est établi au niveau légal aux États-Unis», même si, dit-elle, les membres du gouvernement de Donald Trump «font ce qu’ils veulent et violent jusqu’à la Constitution».

Leur «tactique» c’est «mentir, créer de l’incertitude et provoquer la peur», a-t-elle poursuivi.

Selon elle, l’accusation de son père ne va pas avoir d’impact sur les pourparlers en cours entre La Havane et Washington : «Je ne pense pas que cela entraîne la fermeture de quelque canal (de discussion) que se soit car Cuba ne veut pas et n’a jamais voulu fermer ce canal».