Le Comité d’enquête russe interroge mardi le directeur général et plusieurs employés de la plus grande maison d’édition de Russie dans le cadre d’une affaire de distribution de livres liés à des sujets LGBT, a appris l’AFP auprès de la maison d’édition.
Selon la maison d’édition Eksmo, ces interrogatoires sont liés à la distribution de livres d’une autre maison travaillant sous le parapluie d’Eksmo, Popcorn, qui publie notamment des ouvrages faisant référence aux personnes LGBT+.
«Nous confirmons que le directeur général d’Eksmo, Evgueni Kapiev, ainsi qu’un certain nombre de collaborateurs sont interrogés au Comité d’enquête russe dans le cadre d’une affaire pénale d’extrémisme liée à la diffusion de livres de la maison d’édition Popcorn», a dit à l’AFP la directrice de la communication Iekaterina Kojanova.
L’agence de presse étatique TASS avait un peu plus tôt signalé que des perquisitions étaient en cours à plusieurs adresses d’Eksmo, dans le cadre d’une affaire pénale concernant la «diffusion de littérature LGBT».
Eksmo a été fondée en 1991 et publie toutes sortes de livres pour adultes et pour enfants.
En mai 2025, une dizaine d’employés d’Eksmo, dont le directeur de la distribution, avaient été arrêtés après des perquisitions dans le cadre d’une affaire de «propagande LGBT».
L’affaire concernait, selon les médias, les livres de Popcorn.
En janvier 2023, Popcorn était devenue la première maison d’édition russe à être poursuivie pour «propagande LGBT», après la plainte d’un député, selon l’ONG de défense des droits des détenus OVD-Info, classée «agent de l’étranger» en Russie.
Le Kremlin a durci sa rhétorique conservatrice depuis le début de l’offensive russe contre l’Ukraine il y a plus de quatre ans, faisant du conflit une bataille contre l’Occident et ses valeurs jugées décadentes.
Signe de la répression des minorités sexuelles en Russie, la Cour suprême avait banni fin 2023 le «mouvement international LGBT» pour «extrémisme», une formulation floue ouvrant la porte à de lourdes peines de prison.
Dans la foulée d’un tour de vis général dans la société après l’assaut contre l’Ukraine, la législation russe avait déjà été considérablement revue fin 2022 pour interdire toute forme de «propagande» LGBT+ dans les médias, sur internet, dans les livres et les films.
