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Pénurie de carburant: Cuba restreint l’accès aux transports publics

Les autobus ne circuleront plus qu’entre une et trois fois par semaine.

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Des personnes poussent une voiture américaine classique en panne devant un tas d'ordures à La Havane, à Cuba, ce mercredi 17 juin 2026. Des personnes poussent une voiture américaine classique en panne devant un tas d'ordures à La Havane, à Cuba, ce mercredi 17 juin 2026. (Jorge Luis Banos/AP Photo/Jorge Luis Banos)

À Cuba, les voyages en train ou en autobus sont désormais réservés aux malades, aux personnes voyageant pour des funérailles et à d’autres urgences: l’île communiste met en place à compter de jeudi de sévères restrictions sur les déplacements interprovinciaux, en réaction à la pénurie de carburant liée au blocus américain.

Cuba fait face depuis janvier à un blocus pétrolier par lequel Washington entend faire pression et forcer un changement de modèle économique sur l’île de 9,6 millions d’habitants, déjà frappée par une profonde crise.

Résultat: les stations-service sont à sec, les transports quasiment à l’arrêt.

Face à cette situation, le gouvernement rationne l’usage des transports publics. À partir de jeudi, les trains reliant La Havane (ouest) aux villes de l’est ne circuleront plus que tous les 16 jours, contre environ trois fois par semaine auparavant.

Les autobus, qui assuraient auparavant au moins une liaison quotidienne avec les grandes villes de province, ne circuleront plus qu’entre une et trois fois par semaine.

Le vice-ministre des Transports, Luis Ladron de Guevara, a indiqué qu’aucune autorisation ne serait nécessaire pour voyager, mais qu’un «système de priorités» serait mis en place.

Les passagers sont tenus de faire leur demande de voyage sept jours à l’avance.

Le gouvernement cubain promet de résister à la pression américaine, tout en annonçant des réformes pour renforcer le secteur privé, attirer les investissements et compenser la fuite des capitaux étrangers liée aux menaces de Washington.

Cuba: les paiements par cartes Visa et Mastercard suspendus en raison des sanctions américaines Cuba a annoncé mercredi la suspension des paiements par cartes Visa et Mastercard à partir de samedi après la rupture des relations entre une banque étrangère et une institution financière de l’île, en raison des sanctions américaines.

Vies en jeu

Les restrictions sur le transport interurbain concernent les transports publics, dont dépend la plupart des Cubains.

Si un petit nombre de taxis et des autobus privés continuent de desservir certaines villes, leurs tarifs sont prohibitifs — jusqu’à 200 fois le prix de l’option mise en place par l’État.

Devant un bureau d’autobus publics à La Havane, Madelaine Montero, 51 ans, attendait mercredi un billet pour ramener son père de 80 ans, atteint d’un cancer, chez lui à Granma, à quelque 750 kilomètres à l’est de la capitale.

Il a besoin de rentrer pour des examens, «sans quoi il ne peut pas recevoir de traitement», confie-t-elle à l’AFP.

À quelques mètres de là, José Manuel Garcia, 60 ans, déjà aveugle d’un œil et qui espère sauver l’autre, affecté par un décollement de la rétine, cherchait un moyen de rentrer chez lui, à Santiago de Cuba.

Il dit craindre de devoir interrompre son traitement, disponible uniquement à La Havane, si chaque déplacement s’avère «si difficile».

«Rester à la maison»

À La Havane, les autobus municipaux ont pratiquement disparu, ne laissant à la plupart des habitants d’autre choix que de se rendre à pied au travail ou à l’école, sous près de 40°C.

Avec le carburant qui se négocie autour de 8$ le litre au marché noir, même un court trajet en taxi peut engloutir la majeure partie du salaire d’un fonctionnaire.

«Varadero nous attend»: un Québécois organise un vol nolisé vers Cuba «J’essaye de les aider du mieux que je peux. Ils ont de la misère à se nourrir.» Face à la suspension des vols vers Cuba, Christian Lemire en a eu assez et a décidé de venir en aide au peuple cubain en lançant un vol nolisé au départ de Montréal à destination de Varadero.

«Avec des prix aussi élevés… les gens restent chez eux», constate Julio Cesar Padron, chauffeur d’un camion Chevrolet qu’il a reconverti en autobus de 40 places.

Mercredi, des dizaines de personnes se tenaient au bord d’une autoroute en direction de l’est, à la sortie de la capitale, tentant leur chance en agitant des liasses de billets au passage des véhicules.

Alexi Martinez, employée dans la santé publique âgée de 56 ans, consacre presque tout son salaire à se payer des billets pour aller en camion voir sa mère, diabétique, à La Havane. Elle ne voit pas d’autre solution: «je suis enfant unique».