Paramount et Warner Bros Discovery ont accepté vendredi de reporter la finalisation de leur fusion, d’un montant de 81 milliards $, jusqu’à une date bien avancée au cours de l’année prochaine, alors qu’une juge continue d’examiner le recours déposé par 12 États américains visant à bloquer cette transaction.
Dans un document déposé auprès du tribunal, Paramount a indiqué qu’elle ne finaliserait pas le rachat de Warner avant qu’une décision ne soit rendue sur le fond du recours intenté par les États, ou au plus tôt le 1er juin 2027.
Cette décision intervient quelques jours seulement après que la juge fédérale Araceli Martínez-Olguín a accordé une injonction provisoire visant à geler la transaction pendant plusieurs semaines, estimant que les États avaient soulevé des «questions sérieuses» et présenté des arguments solides quant au risque que la fusion «réduise considérablement la concurrence».
Paramount et les États ont également convenu d’annuler l’audience relative à l’injonction provisoire qui était prévue le 3 août. L’affaire intentée par les États s’oriente désormais vers un procès antitrust de plus grande envergure.
Les deux parties ont présenté ce report comme une victoire.
«Le résultat correspond exactement à ce que nous recherchions depuis le début: une voie directe vers un procès fondé sur les preuves», a commenté Paramount.
L’entreprise, rachetée par Skydance l’année dernière, a ajouté qu’il s’agissait du «moyen le plus rapide et le plus clair» de prouver que sa fusion était bénéfique pour la concurrence et l’ensemble du secteur.
Douze États, menés par la Californie, ont intenté un recours en justice le mois dernier pour bloquer le rachat en cours de Warner par Paramount, alléguant qu’une telle fusion «anéantirait la concurrence» à Hollywood et réduirait le choix des consommateurs, en particulier des cinéphiles et des abonnés au câble.
Le procureur général de Californie, Rob Bonta — qui dirige l’action intentée par les États — a qualifié ce report d’excellente nouvelle pour le public, les cinémas et les professionnels du divertissement et des médias à l’échelle nationale.
«Notre argument contre cette fusion illégale est simple: lorsque trop peu d’entreprises détiennent un pouvoir excessif sur des marchés essentiels à la vie des Américains, cela entraîne une hausse des prix et aggrave la situation», a déclaré M. Bonta dans un communiqué.
Il a ajouté que les États étaient impatients de voir leur recours aboutir devant les tribunaux et de s’assurer que la fusion Paramount-Warner «ne voie jamais le jour».
Ce report de plusieurs mois pourrait s’avérer très coûteux pour Paramount. La société s’était auparavant engagée à verser aux actionnaires de Warner une indemnité supplémentaire, dite «ticking fee», s’élevant à environ 7 millions $ par jour si l’opération n’était pas conclue avant le 30 septembre.
En tenant compte de plusieurs milliards de dollars de dette, le projet d’acquisition de Warner par Paramount est actuellement évalué à près de 111 milliards $ sur la base des actions en circulation.
