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Groenland: Ottawa s’oppose fermement aux droits de douane imposés par Trump

Le premier ministre Carney a exhorté les puissances moyennes à travailler ensemble pour maintenir ou créer un nouvel ordre mondial fondé sur des valeurs communes.

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«Les puissances moyennes comme le Canada ne sont pas impuissantes»: discours de Carney à Davos Dans son discours au Forum économique mondial, à Davos, Mark Carney a notamment tracé une nouvelle voie pour le Canada, dans laquelle l’ancien ordre mondial ne reviendra pas.

Le premier ministre Mark Carney a affirmé que le Canada « soutenait fermement » le Groenland, déclarant mardi aux participants du Forum économique mondial que le Canada «s’opposait fermement» aux droits de douane imposés par Donald Trump dans la saga entourant le Groenland.

Ses commentaires interviennent quelques jours après que le président américain Donald Trump ait déclaré qu’il imposerait des droits de douane de 10 % à plusieurs pays européens après que ceux-ci aient envoyé des troupes au Groenland, territoire autonome danois dont Trump a maintes fois insisté qu’il avait «besoin» pour des raisons de sécurité nationale.

Bien que M. Carney ait envoyé un message clair en faisant référence à la coercition économique et aux droits de douane utilisés comme moyen de pression tout au long de son discours, il n’a pas cité nommément les États-Unis ni le président américain.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News

Dans son discours, M. Carney a également tracé une nouvelle voie pour le Canada, dans laquelle l’ancien ordre mondial ne reviendra pas.

«Je vais être franc : nous sommes en pleine rupture, et non en pleine transition», a dit Carney mardi lors d’un discours à Davos, en Suisse.

«Plus récemment, les grandes puissances ont commencé à utiliser l’intégration économique comme une arme», a-t-il ajouté. «Les droits de douane comme moyen de pression. L’infrastructure financière comme moyen de coercition. Les chaînes d’approvisionnement comme vulnérabilités à exploiter.»

Ce discours liminaire de 17 minutes était le premier prononcé par M. Carney au Forum économique mondial depuis qu’il est devenu premier ministre. Il a présenté la situation actuelle comme une rupture avec l’ancien ordre mondial et comme un test pour les puissances moyennes comme le Canada.

Son discours, prononcé devant une salle remplie de politiciens, de journalistes et de chefs d’entreprise, a souligné l’évolution de la manière dont les États devraient relever les défis économiques et politiques auxquels ils sont confrontés au XXIe siècle.

«Dans un monde marqué par la rivalité entre les grandes puissances, les pays intermédiaires ont le choix : se faire concurrence pour obtenir des faveurs ou s’unir pour créer une troisième voie qui aura un impact», a avancé M. Carney.

M. Carney a exhorté les puissances moyennes à travailler ensemble pour maintenir ou créer un nouvel ordre mondial fondé sur des valeurs communes. Selon lui, la diversification est le fondement d’une politique honnête qui donne aux pays la force et une protection contre la coercition.

«Les alliés se diversifieront pour se prémunir contre l’incertitude», a affirmé M. Carney. «Ils souscriront des assurances, multiplieront les options afin de reconstruire leur souveraineté — une souveraineté qui reposait autrefois sur des règles — mais qui sera de plus en plus ancrée dans la capacité à résister à la pression.»

«Si les grandes puissances abandonnent même le semblant de règles et de valeurs pour poursuivre sans entrave leur pouvoir et leurs intérêts, les gains du transnationalisme deviendront plus difficiles à reproduire», a-t-il également lancé.

La participation de M. Carney à Davos clôt un voyage mondial de 10 jours, au cours duquel le premier ministre s’est rendu en Chine pour une réunion à haut risque avec le président chinois Xi Jinping, ainsi qu’une escale de plusieurs jours au Qatar et une rencontre avec l’émir.