Le gouvernement fédéral débloque un financement accéléré de 8 millions $ pour offrir de l’aide alimentaire à la population de Cuba, où le blocus pétrolier imposé par les États-Unis a déclenché une crise humanitaire.
La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, et le secrétaire d’État au Développement international, Randeep Sarai, soutiennent que ce financement vise à répondre à des besoins urgents.
Il sera acheminé par l’intermédiaire des agences des Nations unies, plutôt que par le gouvernement cubain.
«La situation humanitaire à Cuba devient très grave», a déclaré M. Sarai aux journalistes mercredi.
Depuis plus d’un an, Affaires mondiales Canada met en garde les voyageurs contre les «pénuries de carburant, d’électricité, de produits de première nécessité, notamment de nourriture, d’eau et de médicaments» dans la majeure partie de Cuba.
L’île a perdu sa principale source de carburant en janvier lorsque les États-Unis ont pris le contrôle des réserves pétrolières du Venezuela. Washington menace depuis d’imposer des droits de douane aux pays qui fournissent du carburant à Cuba.
Mme Anand a indiqué qu’elle n’avait pas discuté des «intentions d’aide du Canada» avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
«Il s’agit de la politique étrangère canadienne et nous nous concentrons, comme je viens de le dire, sur la situation humanitaire», a-t-elle ajouté.
Les responsables de l’administration du président américain Donald Trump ont laissé entendre que la pression économique pourrait renverser le régime communiste, mais un responsable canadien a déclaré mardi devant un comité parlementaire que le gouvernement cubain était stable.
M. Sarai a suggéré que l’ampleur de l’aide pourrait être réévaluée si la crise humanitaire persistait.
«Cette aide est acheminée par nos partenaires de confiance du Programme alimentaire mondial et de l’UNICEF. Nous espérons qu’elle parviendra à ceux qui en ont le plus besoin. Ensuite, nous évaluerons la situation au cas par cas et nous pourrons ajuster notre programme en conséquence.»
La vice-présidente du Parti conservateur, Melissa Lantsman, a déclaré dans un communiqué que son parti approuvait l’annonce de cette aide, tout en précisant que les dirigeants cubains avaient créé eux-mêmes la crise en faisant passer la survie du régime avant le bien-être de leurs citoyens.
«Les conservateurs soutiennent l’envoi d’aide humanitaire directement aux Cubains, en particulier pour remédier à la pénurie de nourriture et de médicaments», a écrit Mme Lantsman.
«Depuis trop longtemps, Cuba est gouvernée par des dictateurs communistes qui ont restreint les droits et libertés de son peuple et réprimé les Cubains qui exerçaient simplement leurs droits fondamentaux de liberté d’expression, de réunion et d’association.»
Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, a affirmé que l’aide n’était pas suffisante pour un pays d’environ 10 millions d’habitants. Le député Alexis Brunelle-Duceppe a exhorté Ottawa à se prononcer contre le blocus.
«Cette aide ne doit pas être une fin en soi: elle doit être jumelée à un appel au gouvernement américain à cesser ses politiques nuisibles pour la population cubaine», a-t-il écrit par voie de communiqué.
— Avec des informations fournies par Émilie Bergeron.

