La conseillère municipale progressiste Nithya Raman s’est qualifiée pour le second tour de novembre, où elle affrontera la mairesse de Los Angeles, Karen Bass. Ce résultat donne lieu à un duel inattendu entre deux démocrates et anciennes alliées politiques pour diriger cette ville en difficulté de près de quatre millions d’habitants.
Ce résultat signifie que Spencer Pratt, républicain et ancienne personnalité de l’émission de téléréalité The Hills, est hors course. Sa candidature avait attiré l’attention nationale en raison de sa notoriété et de sa volonté de contester le progressisme dans une ville dominée par les démocrates, mais cet engouement n’a pas suffi à lui assurer suffisamment de voix pour se qualifier pour le second tour.
Mme Raman s’est lancée dans la course à la dernière minute, après avoir soutenu Mme Bass pour sa réélection. Elle a été élue au conseil municipal avec le soutien des Socialistes démocrates d’Amérique.
Cette élection permettra de voir si les électeurs de cette ville fortement démocrate souhaitent se diriger davantage vers la gauche pour s’attaquer aux problèmes de longue date que sont l’itinérance, les rues et trottoirs délabrés, ainsi que la hausse des loyers et des prix de l’immobilier.
Cette course revêt également une importance historique. Mme Bass est la première femme noire à occuper ce poste, et Mme Raman pourrait être la première femme d’origine sud-asiatique à le faire.

Ce duel pour la mairie définit le champ de bataille de l’une des deux courses électorales phares de l’État. Dans l’autre, la course au poste de gouverneur de Californie, le démocrate Xavier Becerra s’est qualifié pour le second tour, mais on ne sait pas encore s’il affrontera le républicain Steve Hilton ou son collègue démocrate Tom Steyer.
La course à la mairie était techniquement non partisane, de sorte que les candidats figuraient sur le bulletin de vote sans mention de leur affiliation politique à côté de leur nom.
Cette élection n’a pas été un vote de confiance en faveur de Mme Bass, qui, selon les résultats partiels, a obtenu moins de 35 % des voix, une position vulnérable pour une candidate sortante.
Mme Raman était en troisième position jusqu’à dimanche, mais elle a gagné des voix à chaque mise à jour fournie par les responsables électoraux de Los Angeles depuis le 2 juin, jour des primaires.
En tant que mairesse sortante, Mme Bass incarne l’ordre établi démocrate. Elle bénéficie du soutien du gouverneur Gavin Newsom, de l’ancienne vice-présidente Kamala Harris et de l’ancienne présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, ainsi que de syndicats influents.
Elle a siégé à l’Assemblée législative de l’État et au Congrès avant de devenir mairesse en 2022 et avait été pressentie pour être la colistière de l’ancien président Joe Biden en 2020.
Mme Raman — qui se présente pour la première fois à une élection municipale — a promis d’accélérer la construction de logements, de ramener des emplois dans l’industrie du divertissement et d’améliorer les services dans une ville connue pour ses rues sales, ses embouteillages et ses campements de sans-abris, monnaie courante dans de nombreux quartiers.
Il a fallu près d’une semaine pour déterminer qui affronterait Mme Bass en novembre en raison du processus de dépouillement notoirement lent en Californie.
Les bulletins de vote sont envoyés par la poste à chaque électeur éligible et sont comptés s’ils portent un tampon postal daté d’au plus tard le jour du scrutin et parviennent au bureau électoral dans les sept jours.
Los Angeles, comme d’autres comtés de Californie, traite et compte les bulletins de vote par correspondance à peu près dans l’ordre où ils sont reçus, de sorte que les derniers à être renvoyés sont les derniers à être comptés.
