International

New Delhi plongée dans un épais brouillard toxique

Cette aggravation de la pollution intervient trois jours après l’entrée en vigueur de mesures antipollution.

Publié le 

New Delhi dans le smog après l'entrée en vigueur de mesures pour lutter contre la pollution New Delhi dans le smog après l'entrée en vigueur de mesures pour lutter contre la pollution (Agence France-Presse)

New Delhi, la capitale de l’Inde, est plongée depuis mercredi matin dans un épais brouillard toxique, avec une pollution de l’air dépassant de plus de 30 fois le seuil quotidien recommandé par l’Organisation mondiale de la santé.

Cette aggravation de la pollution intervient trois jours après l’entrée en vigueur de mesures antipollution, notamment l’interdiction d’accès à la mégapole pour les véhicules les plus polluants et la suspension des activités de construction.

Jusqu’à présent, les mesures prises se sont révélées peu efficaces pour lutter contre la chape de pollution qui recouvre la ville et son agglomération de 30 millions d’habitants entre novembre et janvier, lorsque les températures plus fraîches maintiennent les polluants près du sol.

Elle figure régulièrement parmi les capitales les plus polluées de la planète.

Les prochains jours s’annoncent pires : à l’occasion de Diwali, la fête hindoue des lumières, les habitants tireront pétards et feux d’artifice, aggravant encore la pollution atmosphérique.

La Cour suprême a autorisé il y a quelques jours l’utilisation de pétards «verts», conçus pour réduire les émissions, à raison de quelques heures la veille et le jour de Diwali, le 8 novembre.

Mais ces restrictions sont régulièrement bafouées, et les explosions de pétards résonnent déjà à travers la capitale.

Mercredi, les niveaux de PM2,5 — des particules fines cancérigènes suffisamment petites pour pénétrer dans le sang — ont dépassé les 461 microgrammes par m3 dans certains quartiers, selon IQAir, la société suisse de surveillance de la qualité de l’air.

Selon le ministère de l’Environnement, les véhicules sont responsables de 23% de la pollution hivernale à Delhi et de 20% du brûlage de matières organiques.

L’industrie, y compris les centrales électriques au charbon, est à l’origine d’environ 9%.

La principale source de pollution, soit 27% du total, provient des particules secondaires, qui se forment dans l’atmosphère lorsque les gaz rejetés par les véhicules, les usines, les centrales électriques et la combustion de biomasse entrent en réaction.

Elle est également alimentée par les quantités énormes d’engrais répandues dans les champs autour de la capitale, selon Jacob Koshy, auteur d’un livre sur la pollution.

«La quantité considérable d’ammoniac rejetée dans l’atmosphère crée une sorte de couche de base avec laquelle les autres polluants peuvent réagir», explique M. Koshy, rédacteur scientifique du quotidien The Hindu, et auteur de «The Nitrogen Bomb».

Selon une étude publiée en 2024 dans la revue scientifique The Lancet Planetary Health, la pollution de l’air serait à l’origine de 3,8 millions de décès en Inde entre 2009 et 2019.