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Fin de semaine de protestations aux États-Unis contre l’ICE

Ces manifestations interviennent alors que le département américain de la Sécurité intérieure mène ce qu’il qualifie de plus grande opération de contrôle de l’immigration jamais organisée.

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Des manifestants se réunissent lors d'un rassemblement en hommage à Renee Good, abattue par un agent de l'ICE plus tôt dans la semaine, samedi 10 janvier 2026, à Minneapolis. ASSOCIATED PRESS/Adam Gray Des manifestants se réunissent lors d'un rassemblement en hommage à Renee Good, abattue par un agent de l'ICE plus tôt dans la semaine, samedi 10 janvier 2026, à Minneapolis. ASSOCIATED PRESS/Adam Gray (Adam Gray/Associated Press)

Des centaines de rassemblements se tiennent samedi à travers les États-Unis pour protester contre les méthodes de la police fédérale de l’immigration (ICE), après le tir mortel de l’un de ses agents contre une femme de 37 ans à Minneapolis.

Dans cette ville du nord du pays, des milliers d’habitants bravaient le froid pour converger dans l’après-midi vers un parc enneigé situé non loin des lieux du drame, scandant le nom de la victime et brandissant des pancartes hostiles à la police fédérale.

Drew Lenzmeier, 30 ans, raconte qu’il a le sentiment de «basculer dans une dictature autoritaire». «Plus personne n’empêche désormais l’administration Trump de tuer des citoyens, de voler et d’enlever des êtres humains. Il est temps que ça s’arrête».

En fin de défilé - qui a ralenti devant le mémorial improvisé là où Renee Good a été tuée - Naïma, Américaine de 34 ans d’origine somalienne, dit à l’AFP sa «fierté de voir des gens de tous les âges, de toutes les origines, venant du monde entier, se mobiliser pour soutenir nos communautés».

Derrière le slogan «ICE, out for Good» («ICE, dehors pour de bon», faisant aussi écho au nom de la victime, Renee Nicole Good), les appels à manifester sont notamment relayés par le mouvement «No Kings», réseau d’organisations de gauche opposées à Donald Trump. D’autres sont prévus dimanche.

La mort de cette mère de famille américaine, abattue mercredi dans sa voiture, a suscité une forte émotion dans cette ville bastion démocrate, et au-delà parmi les Américains inquiets des dérives de la lutte contre l’immigration illégale, érigée en priorité nationale.

Samedi matin, trois élues démocrates du Minnesota à la Chambre des représentants se sont rendues dans un bâtiment fédéral de la banlieue de Minneapolis où officie la police de l’immigration, dont Ilhan Omar, figure de la gauche américaine d’origine somalienne.

«Je ne suis pas en colère»

Mais peu après être entrées, on leur a demandé de partir, ont-elles raconté. «Ce qui s’est passé aujourd’hui est une tentative flagrante d’empêcher des membres du Congrès d’exercer leur mission de contrôle», a déploré Ilhan Omar.

Selon le gouvernement, le policier a tiré en état de légitime défense au moment où Renee Nicole Good tentait de le renverser avec son véhicule.

Mais plusieurs vidéos prises par des témoins circulant depuis mercredi tendent à suggérer que le policier n’est pas réellement menacé par la conductrice lorsque son véhicule part vers l’avant. Elle semble au contraire tenter de l’éviter.

Pour appuyer ses dires, l’administration a relayé vendredi une vidéo prise par l’agent incriminé, Jonathan Ross.

Le clip montre le VUS rouge de la conductrice en travers de la route enneigée tandis que retentissent des sirènes.

Au volant, Renee Nicole Good lance: «Je ne suis pas en colère contre toi» à l’agent, qui fait le tour de la voiture. Lorsque Jonathan Ross passe devant le capot du SUV, elle fait marche arrière, avant d’avancer en tournant, quand des coups de feu retentissent. «Putain de connasse», lâche une voix masculine.

Vendredi soir, des centaines de personnes se sont bruyamment rassemblées devant des hôtels de Minneapolis présumés héberger des agents de l’ICE, équipés de sifflets, hauts-parleurs et instruments de musique.

Vingt-neuf personnes ont été interpellées, verbalisées puis rapidement relâchées, a indiqué la police de la ville.

Les élus démocrates déplorent que les enquêteurs locaux aient été écartés des investigations, menées par le FBI.

«C’est le moment de respecter la loi… le fait que le ministère de la Justice de Pam Bondi et cette administration présidentielle soient déjà parvenus à des conclusions sur ces faits est profondément préoccupant», a déclaré le maire démocrate de Minneapolis, Jacob Frey.

Selon le média américain The Trace, spécialisé sur les violences par armes à feu, Renee Nicole Good est la quatrième personne tuée par des agents fédéraux de l’immigration depuis le lancement de la politique d’expulsion de l’administration Trump, et sept autres ont été blessées.

Par ailleurs, deux personnes ont été blessées jeudi à Portland (Oregon, nord-ouest) par des tirs de la police fédérale aux frontières lors d’un contrôle routier.