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Mort de Khamenei: au moins 22 morts lors de manifestations au Pakistan

Dans le nord du pays, des manifestants ont également attaqué des bureaux des Nations unies et du gouvernement.

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Les pompiers arrosent une voiture en feu, qui a été incendiée par des manifestants près du consulat américain à Karachi, au Pakistan, le dimanche 1er mars 2026. ASSOCIATED PRESS/Ali Raza Les pompiers arrosent une voiture en feu, qui a été incendiée par des manifestants près du consulat américain à Karachi, au Pakistan, le dimanche 1er mars 2026. (Ali Raza/Associated Press)

Des affrontements violents entre manifestants et forces de sécurité dans la ville portuaire pakistanaise de Karachi ont fait dimanche au moins 22 morts et plus de 120 blessés, alors que des manifestants pro-iraniens tentaient de prendre d’assaut le consulat américain, ont indiqué les autorités.

Dans le nord du pays, des manifestants ont également attaqué des bureaux des Nations unies et du gouvernement.

Ces violences ont éclaté après que les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran, tuant son guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. La police et les responsables d’un hôpital de Karachi ont indiqué qu’au moins 50 personnes avaient également été blessées lors des affrontements et que certaines d’entre elles se trouvaient dans un état critique.

Le président Asif Ali Zardari a exprimé sa «profonde tristesse face au martyre» de l’ayatollah et a présenté ses condoléances à l’Iran, selon son bureau. Il a déclaré que «le Pakistan se tenait aux côtés de la nation iranienne en ce moment de deuil et partage sa perte».

Summaiya Syed Tariq, médecin légiste à l’hôpital public principal de la ville, a confirmé que six corps et plusieurs blessés avaient été amenés à l’établissement. Elle a toutefois précisé que le nombre de morts était passé à dix après le décès de quatre personnes gravement blessées. 

Dans la région nord du Gilgit-Baltistan, des milliers de manifestants chiites, indignés par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, ont attaqué les bureaux du Groupe d’observateurs militaires des Nations unies et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a déclaré le porte-parole du gouvernement Shabir Mir, ajoutant que tout le personnel travaillant pour ces organisations était sain et sauf.

M. Mir a expliqué que les manifestants s’étaient affrontés à plusieurs reprises avec la police à divers endroits de la région, avaient endommagé les bureaux d’une organisation caritative locale et incendié des commissariats de police. Il a toutefois précisé que les autorités avaient déployé des troupes et maîtrisé la situation. 

La police du Gilgit-Baltistan a déclaré qu’au moins deux manifestants avaient été tués lors des affrontements.

L’ambassade des États-Unis au Pakistan a affirmé dans un message publié sur X qu’elle suivait de près les informations faisant état de manifestations en cours devant les consulats généraux américains à Karachi et à Lahore. Elle surveille également les appels à de nouvelles manifestations devant l’ambassade américaine à Islamabad et le consulat général à Peshawar. 

Elle a conseillé aux citoyens américains au Pakistan de suivre l’actualité locale, de rester attentifs à leur environnement, d’éviter les foules importantes et de tenir à jour leur enregistrement de voyage auprès du gouvernement américain.

Appel au calme

Les affrontements ont incité le ministre de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, à lancer un appel au calme. 

«À la suite du martyre de l’ayatollah Khamenei, tous les citoyens pakistanais partagent la douleur du peuple iranien», a déclaré M. Naqvi dans un communiqué. 

Il a qualifié cette journée de «jour de deuil pour la communauté musulmane et pour les peuples iranien et pakistanais», mais a exhorté la population à ne pas se faire justice elle-même et à exprimer ses protestations de manière pacifique.

Dans un communiqué, le gouvernement provincial du Sindh a également exhorté les citoyens à exprimer leurs opinions pacifiquement et les a mis en garde contre tout acte de violence.

Les manifestations dans les environs du consulat américain à Karachi se sont poursuivies pendant des heures, des dizaines de jeunes chiites, certains le visage couvert, jetant des pierres sur les forces de l’ordre et jurant d’atteindre le consulat, où des centaines de policiers et de rangers paramilitaires ont été déployés.

À Islamabad, la police a tiré des gaz lacrymogènes et brandi des matraques alors que des centaines de manifestants chiites, indignés par l’assassinat de l’ayatollah Khamenei, tentaient de marcher vers l’ambassade américaine. Les affrontements ont eu lieu à l’extérieur de l’enclave diplomatique, où se trouve l’ambassade et où des renforts policiers avaient été déployés. 

Dans le nord-ouest du pays, à Peshawar, les autorités ont également utilisé des gaz lacrymogènes et des matraques pour disperser des milliers de manifestants qui tentaient de s’approcher du consulat américain afin d’organiser un rassemblement pour dénoncer l’assassinat du dirigeant iranien, a indiqué la police.

Les chiites ont également organisé un rassemblement pacifique à Multan, une ville de la province du Pendjab, en scandant des slogans contre Israël et les États-Unis. 

Ils ont également organisé un rassemblement et se sont affrontés à plusieurs reprises avec la police près du consulat américain à Lahore, la capitale de la province orientale du Pendjab, a déclaré la police. 

Des rassemblements contre Israël et les États-Unis étaient également prévus dans la région nord du Gilgit-Baltistan. Les autorités ont déclaré que le gouvernement avait renforcé la sécurité autour de l’ambassade américaine dans la capitale et des consulats à travers le pays afin d’éviter toute nouvelle violence.

Les chiites représentent environ 15 % de la population pakistanaise, qui compte environ 250 millions d’habitants, et constituent l’une des plus grandes communautés chiites au monde. Ils ont souvent organisé des rassemblements anti-israéliens et anti-américains dans le passé, mais des affrontements de cette ampleur sont rares.