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Vers une convergence des colères samedi en France, Macron appelle «au calme»

Le président a redit son soutien à son gouvernement et aux forces de l’ordre.

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Police faces students after a march to protest against under-resourced schools in Paris, Tuesday Oct. 13, 2026. (AP Photo/Thibault Camus) La police fait face à des étudiants à l'issue d'une marche organisée pour protester contre le manque de ressources dans les écoles parisiennes, le mardi 13 octobre 2026. Crédit image | Photo AP (Thibault Camus)

Quelque 200 000 manifestants sont attendus par les autorités samedi, à six mois de la présidentielle, dans toute la France pour protester contre la vie chère et demander davantage de moyens pour l’éducation, le président Emmanuel Macron appelant de son côté «au calme» face au risque de violences.

Cette «convergence des luttes», redoutée par le pouvoir, intervient sur fond de fortes tensions sociales, alimentées par la flambée des carburants et par une baisse du pouvoir d’achat dans la deuxième économie de la zone euro, surendettée et sous étroite surveillance des marchés financiers.

D’un point de vue politique, le parti de gauche radicale La France insoumise (LFI) espère bénéficier de l’importante mobilisation attendue. Même si, pour l’instant, c’est Marine Le Pen, candidate de l’extrême droite, qui caracole en tête dans les sondages.

Depuis Bruxelles, le président français a rappelé vendredi soir que le droit de manifester «pleinement respecté» va avec «le respect des personnes et le respect des biens, et donc de ne pas insulter et de ne pas casser». «Et donc j’appelle au calme et au respect pour préserver ce droit», a-t-il déclaré.

Selon une source policière, quelque 150 000 personnes devraient participer aux manifestations hors agglomération parisienne. Les prévisions pour la capitale se situent autour de 40 000 manifestants.

Dans toute la France, environ 500 actions sont «envisagées» et plus de 90 manifestations sont «en cours de structuration», selon l’entourage du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, qui anticipe des «débordements».

Les autorités ont interdit les manifestations aux abords des sites sensibles parisiens (présidence, siège des services du premier ministre, Assemblée nationale...), mais aussi sur les célèbres et très touristiques Champs-Élysées.

«Le pouvoir a peur»

Le souvenir du mouvement social d’ampleur des Gilets jaunes en 2018-19, au début du premier mandat du président Emmanuel Macron, est dans tous les esprits.

Il avait débuté pour protester contre la hausse des taxes sur les carburants. Les images des violences en marge des manifestations, notamment sur les Champs-Élysées, avaient fait le tour du monde.

Ce mouvement inédit avait été marqué par 11 morts en marge des mobilisations (notamment accidents routiers et malaises), 23 éborgnés et quelque 2 500 blessés parmi les manifestants ainsi que 1 800 blessés chez les forces de l’ordre.

«Ce n’est pas juste un mouvement de Gilets jaunes, ce n’est pas juste un mouvement d’étudiants et de lycéens et de lycéennes, c’est le peuple tout entier qui est en train de se lever et c’est pour ça que le pouvoir a peur», a estimé Benjamin Ball, éditeur du site sur le 17 octobre, bloquons-Tout et marches du climat du 26 septembre.

Les revendications multiples de cette mobilisation, notamment contre la «vie chère», qui fédère Gilets jaunes ou encore agriculteurs et chauffeurs de VTC, «rejoignent» celles des lycées et étudiants, a estimé la numéro un du syndicat de la CGT Sophie Binet, contestant tout «essoufflement» du mouvement des lycéens avancé par le gouvernement.

«Il faut comprendre la gravité de la situation : aujourd’hui, s’acheter des tomates, des courgettes ou faire le plein, ça devient une consommation de luxe. Il y a des millions de travailleurs et de travailleuses qui sont complètement asphyxiés et qui n’arrivent plus à s’en sortir», a insisté la syndicaliste.

«Une sorte d’aboutissement»

Le premier ministre Sébastien Lecornu a jugé jeudi que le mouvement s’était transformé en «un mouvement de violences urbaines».

Samedi, les grenades assourdissantes, dont l’usage a été suspendu «pour le mouvement lycéen», pourront d’ailleurs être utilisées en cas de «violences urbaines extrêmement graves», selon le ministre de l’Intérieur.

Après un mois de blocages d’établissements scolaires, le mouvement semblait s’essouffler vendredi à la veille des vacances de la Toussaint.

La journée de samedi «va être une sorte d’aboutissement», dit Marie-Lou, 18 ans. «On va être rejoint par les travailleurs, par les Gilets jaunes qui vont se remobiliser aussi, on a aussi un peu l’espoir qu’il y a la convergence de toutes les luttes».

Le président du Rassemblement national (RN, extrême droite), Jordan Bardella, s’est pour sa part dit «inquiet» d’éventuels «débordements» samedi, journée qui, selon lui, «est sous couvert de revendications légitimes» une occasion «pour la France du chaos de se mettre et de se rassembler derrière Jean-Luc Mélenchon», le candidat de la gauche radicale à la présidentielle.