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Meta assure se conformer aux exigences du Brésil à l'approche des élections

La plainte a été déposée par la campagne de M. Lula le 15 octobre. Elle accusait l’entreprise technologique d’utiliser des algorithmes biaisés et des restrictions liées à l’intelligence artificielle pour favoriser M. Bolsonaro.

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Des manifestants, brandissant une banderole sur laquelle on peut lire en portugais «Meta, ne t’en mêle pas», se sont rassemblés devant le siège social de Meta à São Paulo pour protester contre l'entreprise accusée d’ingérence dans l’élection présidentielle brésilienne, le 19 octobre 2026. Photo AP Des manifestants, brandissant une banderole sur laquelle on peut lire en portugais «Meta, ne t’en mêle pas», se sont rassemblés devant le siège social de Meta à São Paulo pour protester contre l'entreprise accusée d’ingérence dans l’élection présidentielle brésilienne, le 19 octobre 2026. Photo AP (Andre Penner)

Le géant technologique Meta a déclaré mardi s’être conformé à une décision de la Cour électorale brésilienne lui enjoignant d’accorder un traitement égal sur ses plateformes au président Luiz Inácio Lula da Silva et au candidat de l’opposition Flávio Bolsonaro avant le second tour de l’élection présidentielle de dimanche.

Cette affaire est le dernier exemple en date de l’intervention des tribunaux pour remédier aux déséquilibres des plateformes ayant un impact sur la politique et les élections.

La plainte a été déposée par la campagne de M. Lula le 15 octobre. Elle accusait l’entreprise technologique propriétaire d’Instagram, de Facebook et de WhatsApp d’utiliser des algorithmes biaisés et des restrictions liées à l’intelligence artificielle pour favoriser M. Bolsonaro.

Lundi, des centaines de personnes ont manifesté devant les locaux de l’entreprise dans la métropole de São Paulo.

Meta a déclaré avoir «achevé la mise en œuvre des mesures visant à se conformer à la directive du tribunal électoral». L’entreprise a ajouté que les restrictions ordonnées par le tribunal «n’affectent pas les publications organiques».

M. Bolsonaro a remporté le plus grand nombre de voix au premier tour des élections du 4 octobre, avec 47 % des suffrages contre 45 % pour M. Lula — les sondages et les analystes laissent entendre que la course à la victoire restera serrée jusqu’à la dernière minute.

Meta a déclaré avoir mis en place des mesures exhaustives pour garantir le respect de la réglementation en matière de publicité électorale et préserver l’intégrité du processus démocratique du pays.

L’entreprise a également indiqué avoir mis en place un système de vérification humaine dédié, dans le cadre duquel tout blocage ou restriction automatique appliqués aux comptes publicitaires de la campagne présidentielle doit faire l’objet d’une évaluation manuelle dans un délai de deux heures.

Meta a insisté sur le fait que ses récents incidents opérationnels étaient dus à des contraintes techniques plutôt qu’à une quelconque partialité. L’entreprise a une nouvelle fois rejeté toute allégation de partialité politique, de manipulation ou d’ingérence intentionnelle dans les élections brésiliennes.

Tatiana Cochlar, porte-parole du tribunal électoral brésilien, a confirmé avoir reçu la réponse de Meta et a ajouté que, plus tard dans la journée de mardi, des représentants de l’entreprise et des deux campagnes présidentielles devaient rencontrer un juge à Brasilia, la capitale, pour discuter de la situation.

Le cas brésilien fait écho à des précédents en Europe, où les pouvoirs publics sont également intervenus.

En Allemagne, une décision de justice rendue en 2019 a contraint Facebook à réactiver une page politique bloquée afin de préserver l’égalité politique.

Cinq ans plus tard, la Roumanie a annulé son élection présidentielle après que des réseaux cachés de bots sur TikTok ont favorisé un candidat pro-russe. Ce pays européen a ensuite adopté une législation imposant l’utilisation de codes de suivi sur les messages politiques diffusés sur les réseaux sociaux.