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Manifestation en Serbie, les étudiants poursuivant leur lutte contre la corruption

À Novi Sad, des manifestants scandant «voleurs» ont accusé le gouvernement de corruption endémique.

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Des personnes participent à une manifestation contre la corruption, organisée par des étudiants universitaires, à Novi Sad, en Serbie, le samedi 17 janvier 2026. AP Photo/Darko Vojinovic Des personnes participent à une manifestation contre la corruption, organisée par des étudiants universitaires, à Novi Sad, en Serbie, le samedi 17 janvier 2026. (Darko Vojinovic/Associated Press)

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi en Serbie, des étudiants annonçant une nouvelle étape dans leur lutte contre le régime du président Aleksandar Vučić. Ils mènent depuis plus d’un an des manifestations de masse qui ont ébranlé son gouvernement autocratique dans ce pays des Balkans.

À Novi Sad, des manifestants scandant «voleurs» ont accusé le gouvernement de corruption endémique, qu’ils estiment responsable de la catastrophe survenue en novembre 2024 dans la gare de cette ville du nord, qui a fait 16 morts et déclenché un mouvement national pour le changement.

M. Vučić a refusé d’organiser des élections anticipées immédiates, pourtant réclamées par les étudiants. Des centaines de personnes ont été arrêtées, ont déclaré avoir perdu leur emploi ou subir des pressions pour s’être opposées au gouvernement.

Des étudiants ont déclaré à la foule, samedi à Novi Sad, qu’après les manifestations de l’année dernière, ils allaient présenter un plan pour éradiquer la corruption en Serbie et rétablir l’État de droit. Ils ont proposé, comme premières mesures pour le gouvernement post-Vučić, d’interdire aux fonctionnaires corrompus d’exercer la politique et d’enquêter sur leur patrimoine.

La manifestation a été baptisée «Ce que signifiera la victoire». Le mois dernier, les étudiants ont déclaré avoir recueilli environ 400 000 signatures en faveur de leur projet électoral.

Le prochain rassemblement est prévu le 27 janvier à Belgrade, capitale de la Serbie, ont indiqué les organisateurs.

M. Vučić est arrivé au pouvoir il y a plus de dix ans, promettant d’intégrer la Serbie à l’Union européenne. Depuis, il a renforcé les liens avec la Russie et la Chine, tout en étant accusé de restreindre les libertés démocratiques et de laisser prospérer la corruption et le crime organisé.

Le mouvement étudiant bénéficie d’un large soutien parmi les Serbes, largement désabusés par les politiciens traditionnels. M. Vučić accuse les étudiants d’agir sous les ordres non spécifiés de l’Occident pour «détruire la Serbie».