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Macron accueille un G7 marqué par les conflits et l’imprévisibilité de Trump

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Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une réunion avec les dirigeants des groupes d'engagement du G7 chargés des questions sociales et économiques, à l'Élysée, à Paris, le 10 juin 2026. Via AP Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une réunion avec les dirigeants des groupes d'engagement du G7 chargés des questions sociales et économiques, à l'Élysée, à Paris, le 10 juin 2026. Via AP (Christophe Petit Tesson/Christophe Petit Tesson/EPA POOL)

Les Européens vont tenter de combler le fossé qui les sépare de Donald Trump sur les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine à partir de lundi à Évian, en France, lors d’un sommet du G7 en présence d’un président américain plus imprévisible que jamais.

Trois jours durant, dans cette ville thermale des Alpes, le président français Emmanuel Macron entend s’attaquer aux déséquilibres économiques mondiaux ou à la régulation numérique avec son homologue américain et les dirigeants de l’Allemagne, du Canada, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni. Autant de sujets qui voient ce club fracturé entre les États-Unis et ces autres puissances.

Il s’agira surtout des premières retrouvailles transatlantiques depuis que les États-Unis et Israël ont déclenché un conflit contre l’Iran fin février, portant un nouveau coup à des relations abîmées par les ambitions américaines sur le Groenland et la guerre commerciale de Washington à coups de tarifs douaniers.

Trump bombarde l’Iran qu’il accuse d’avoir abattu un hélicoptère américain L'armée américaine a annoncé mardi mener des frappes contre l'Iran après qu'un de ses hélicoptères a été abattu près du détroit d'Ormuz.

Européens, Canadiens et Japonais n’ont pas soutenu ce conflit et vont insister pour la réouverture rapide du détroit d’Ormuz, dont le blocage coûte cher à l’économie mondiale, faisant flamber les prix du carburant.

Il convient de «s’assurer que nous pouvons, avec le président Trump, définir des objectifs communs et d’abord la réouverture d’Ormuz», a souligné jeudi l’Élysée alors que le risque d’escalade grandit de nouveau entre l’Iran et les États-Unis.

Les présidents égyptien Abdel Fattah al-Sissi, émirien Mohammed Ben Zayed et l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, seront associés aux discussions mardi.

Zelensky attendu

Les Européens espèrent aussi que le président américain, accaparé par les négociations avec Téhéran, se laisse convaincre de soutenir le président ukrainien Volodymyr Zelensky, attendu mardi matin, dans son offre de dialogue direct avec Vladimir Poutine. Et de renoncer à demander à Kiev d’abandonner à la Russie l’ensemble du Donbass, dans l’Est ukrainien.

«Il n’y a pas de concessions à faire aux Russes en première analyse, pas non plus de raison aujourd’hui de lever les sanctions à l’égard de la Russie», a martelé l’Élysée.

Tout, dans l’organisation du rendez-vous sur les rives du lac Léman, a été fait pour accommoder Donald Trump, qui en 2018 avait retiré son soutien au communiqué final du G7 et qui, l’an dernier, avait quitté prématurément le sommet au Canada en vilipendant Emmanuel Macron.

Les hôtes français retiendront leur souffle jusqu’au bout, dans l’espoir que le président américain arrive bien lundi et reste trois jours — voire accepte un dîner avec son homologue français mercredi soir, à Paris ou sous les ors de Versailles.

Un temps supposé démarrer le 14 juin, jour du 80e anniversaire du milliardaire républicain, le sommet a été décalé pour lui permettre d’organiser un combat de MMA à la Maison-Blanche.

«Ne pas fâcher Trump»

Des ONG ont d’ailleurs dénoncé «le choix d’Emmanuel Macron de ne pas fâcher Donald Trump» en passant à la trappe le «changement climatique».

Le président français, qui quittera le pouvoir dans moins d’un an, a aussi convié à certaines séquences les dirigeants du Brésil, de la Corée du Sud, de l’Inde et du Kenya, pour éviter que ce forum de puissances industrialisées soit perçu comme antagoniste aux pays émergents.

Lors d’un «sommet de convergence» jeudi en visio, présidé par Emmanuel Macron, les membres du G7, les pays invités et la Chine, représentée par un vice-premier ministre, Zhang Guoqing, se sont accordés sur la nécessité de «rééquilibrer» l’économie mondiale et de poursuivre la discussion au sommet du G20 en décembre aux États-Unis, a indiqué l’Élysée, pointant les surcapacités et aides publiques chinoises à l’industrie, la guerre des droits de douane ou le manque d’investissements en Europe.

«Pour la première fois depuis au moins la formation du G20 en 2008, la Chine et les pays partenaires du G7 ont échangé avec le G7 sur la réduction des déséquilibres mondiaux», s’est félicitée la présidence française.

La France a par ailleurs invité plusieurs «leaders de la tech mondiale», dont les Américains Sam Altman et Dario Amodei, patrons respectifs d’OpenAI et Anthropic, ou encore le Français Arthur Mensch, fondateur de Mistral AI, pour un déjeuner mercredi afin de pousser ses initiatives de régulation mais aussi l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Des débats qui s’annoncent tendus avec Donald Trump.

Sur ce point, comme sur le dossier épineux des minerais critiques — autre contentieux avec la Chine — ou sur le narcotrafic, des déclarations seront publiées mercredi à l’issue du sommet.