L’Université de Téhéran, l’une des plus prestigieuses d’Iran, a suspendu trois étudiants pour avoir brûlé le drapeau national lors de récentes manifestations antigouvernementales, ont rapporté des médias locaux jeudi.
«Trois étudiants ayant manqué de respect à un symbole national iranien ont été identifiés et, sur ordre du président de l’université, ont été temporairement suspendus dans l’attente d’une audience du conseil de discipline», a indiqué l’agence de presse Fars, relayant un communiqué de la faculté.
Des rassemblements pro et antigouvernementaux ont eu lieu dans plusieurs universités, notamment de la capitale, depuis la reprise des cours samedi.
Des médias ont diffusé des images montrant des étudiants en train de brûler le drapeau de la République islamique, adopté après la révolution de 1979 qui a renversé la monarchie.
Le gouvernement leur a reconnu «le droit de manifester» mais les a avertis de ne pas franchir de «lignes rouges».
Ces protestations s’inscrivent dans la continuité d’un vaste mouvement qui a débuté en décembre avec des revendications initialement économiques mais qui a pris, début janvier, une tournure anti-pouvoir sans précédent.
Le chef du pouvoir judiciaire en Iran, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a jugé mercredi «inapproprié» le comportement de certains étudiants, notamment «le fait de brûler le drapeau national ou de scander des slogans injurieux».
«Toute personne qui commet une infraction disciplinaire au sein d’une université» s’exposera à des poursuites judiciaires, a-t-il prévenu, cité par l’agence de presse Mehr.
Les cours sont maintenus pour l’heure sur les campus, selon le ministre iranien des Sciences, de la Recherche et des Technologies, Hossein Simaei.
L’université publique Kharazmi et plusieurs antennes de l’université privée Azad ont toutefois annoncé qu’elles dispenseraient désormais leurs enseignements en ligne, invoquant la période de ramadan.
La répression de la contestation en janvier a fait des milliers de morts, selon des ONG, qui redoutent un bilan bien plus élevé.
Les responsables iraniens reconnaissent de leur côté plus de 3 000 morts dans les manifestations, mais imputent les violences à des «actes terroristes» orchestrés par les États-Unis et Israël.
