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L’Union européenne veut renforcer sa riposte face aux attaques hybrides russes

Plusieurs États membres ont insisté «sur le fait que cela doit absolument être pleinement complémentaire avec l’OTAN», a reconnu Kaja Kallas.

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La responsable de la politique étrangère de l'Union européenne, Kaja Kallas, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue de sa rencontre avec le premier ministre lituanien Mindaugas Sinkevicius au siège du gouvernement à Vilnius, en Lituanie, le 7 septembre 2026. La responsable de la politique étrangère de l'Union européenne, Kaja Kallas, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'issue de sa rencontre avec le premier ministre lituanien Mindaugas Sinkevicius au siège du gouvernement à Vilnius, en Lituanie, le 7 septembre 2026. (Mindaugas Kulbis/AP Photo/Mindaugas Kulbis)

L’Union européenne a commencé à discuter lundi de la mise en place de son propre mécanisme d’urgence, inspiré de celui de l’OTAN, face aux «attaques hybrides» imputées à Moscou, a indiqué la cheffe de la diplomatie de l’UE.

Les ministres de la Défense ont eu lundi à Bruxelles une première discussion sur ce sujet, après plusieurs incidents attribués à la Russie au cours des dernières semaines.

Cette initiative, annoncée récemment par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, suscite toutefois la méfiance de certains pays de l’UE, qui redoutent un doublon avec l’Alliance atlantique.

Plusieurs États membres ont insisté «sur le fait que cela doit absolument être pleinement complémentaire avec l’OTAN», a reconnu Kaja Kallas devant la presse, à l’issue de cette réunion.

«Nous ne créons rien de supplémentaire, mais cela doit fonctionner main dans la main», a-t-elle assuré.

«Il est clair qu’une approche conjointe de l’OTAN et de l’UE est nécessaire», avait indiqué dès son arrivée à Bruxelles le secrétaire d’État allemand auprès du ministère de la Défense, Sebastian Hartmann.

Les ministres ont eu une «discussion tout à fait préliminaire, ce qui signifie que nous allons poursuivre dans cette voie», a indiqué Mme Kallas, à la fin de cette réunion. Il s’agit surtout, a-t-elle expliqué, de «voir comment les outils dont nous disposons dans notre boîte à outils pourraient tous fonctionner ensemble», dans une situation d’attaque «hybride», c’est-à-dire, «lorsqu’on reste clairement en dessous du seuil de l’agression armée».

Impact psychologique

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a récemment proposé que l’Union adopte un mécanisme d’urgence, inspiré de l’article 4 du traité de l’OTAN, permettant une coordination et une réponse rapides des pays de l’UE.

L’article 4 du traité de l’Atlantique nord permet à tout pays membre de demander des consultations urgentes avec ses alliés dès qu’il estime que son intégrité territoriale, son indépendance politique ou sa sécurité sont menacées, sans déclencher immédiatement une réponse militaire.

Le renseignement militaire danois a averti jeudi que la Russie mènerait probablement davantage d’attaques hybrides contre des cibles occidentales, soulignant également qu’une invasion d’un pays de l’OTAN était «improbable», mais toujours possible.

La semaine dernière, le premier ministre polonais Donald Tusk avait lui aussi mis en garde contre des menaces «hybrides» russes, notamment des attaques de drones et de missiles, visant les alliés de l’Ukraine.

Un partenariat pour «100 ans» entre Ottawa et Kyiv Le premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé jeudi le déblocage de 350 millions de dollars canadiens pour fournir des moyens de défense aérienne à l’Ukraine, avec qui le Canada a par ailleurs signé un partenariat en matière de production de drones.

La Russie a accentué sa pression, particulièrement sur les pays soutenant l’Ukraine, «et nous devons aborder ce problème avec calme mais de manière résolue», a déclaré de son côté le ministre finlandais de la Défense, Antti Hakkanen.

La Russie recherche avant tout «l’impact psychologique» dans ses attaques hybrides, afin de déstabiliser les pays européens, particulièrement ceux qui soutiennent Kyiv, a expliqué un responsable de l’UE sous couvert d’anonymat.

Mme Kallas et plusieurs pays de l’UE jugent dans ce contexte que la meilleure réponse est au contraire de renforcer le soutien européen à l’effort de guerre ukrainien contre la Russie.

Le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte a lui aussi appelé jeudi les pays européens à apporter «davantage de soutien à l’Ukraine» s’ils «veulent vraiment envoyer un signal aux Russes à chaque incident ou attaque hybride».