Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré lundi qu’il espérait toujours la tenue de pourparlers Ukraine-Russie-Etats-Unis entre les 5 et 8 mars, en dépit de la guerre au Moyen-Orient qui inquiète Kyiv concernant un potentiel impact sur les livraisons de systèmes de défense antiaérienne.
Une nouvelle session de pourparlers entre Kyiv et Moscou, sous médiation américaine, était envisagée début mars aux Émirats arabes unis, à Abou Dhabi, pour tenter de trouver une issue à la guerre en Ukraine entrée dans sa cinquième année.
Mais le conflit qui s’étend au Moyen-Orient, déclenché par des frappes massives sur l’Iran menées par les États-Unis et Israël depuis ce week-end, met en doute la possibilité d’organiser un nouveau cycle de négociations aux Émirats arabes unis.
«À cause des combats en cours, nous ne pouvons pas confirmer aujourd’hui que la rencontre aura lieu à Abou Dhabi, mais personne ne l’a annulée. La rencontre devrait avoir lieu», a affirmé M. Zelensky en réponse à des questions de journalistes, dont l’AFP.
Il a ajouté que la Turquie et la Suisse pouvaient représenter des alternatives pour accueillir ces pourparlers, en cas de «difficultés avec Abou Dhabi à cause des missiles et des drones».
Moscou a de son côté affirmé que «la poursuite de ces négociations» reste «dans (l’)intérêt» de la Russie.
«Nous restons entièrement ouverts à ces négociations, nous continuons absolument d’apprécier les efforts de médiation déployés par les États-Unis», a déclaré lundi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov lors de son breffage quotidien auquel participait l’AFP.
Kyiv s’inquiète par ailleurs d’un impact du conflit au Moyen-Orient sur les livraisons d’équipements à l’Ukraine, essentiels pour sa défense antiaérienne face aux frappes russes quotidiennes.
«Bien sûr, cette question nous préoccupe et c’est pourquoi nous sommes en contact avec nos partenaires», a déclaré M. Zelensky, tout en assurant n’avoir pas encore reçu de «signaux» en ce sens de la part des Européens ou Américains.
«Mais nous comprenons nous-mêmes qu’une guerre prolongée — si elle est prolongée — et l’intensité des hostilités vont affecter la quantité de défense aérienne pour nous», a-t-il ajouté.
Au moins cinq personnes sont mortes dans des frappes russes sur plusieurs régions de l’Ukraine dans la nuit de dimanche à lundi et au petit matin, selon les autorités locales.
Les rencontres entre Kyiv et Moscou ces derniers mois n’ont pour l’heure pas permis d’avancées concrètes, malgré la pression de Washington pour trouver une issue à la guerre, le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale.
