L’Ukraine a indiqué que ses frappes à longue portée avaient neutralisé plus de la moitié des capacités de raffinage de pétrole de la Russie, entravant ainsi la capacité de Moscou à approvisionner ses forces depuis le début de son invasion, il y a quatre ans et demi.
Le ministère de la Défense a mentionné dimanche que les récentes frappes contre des raffineries situées notamment à Moscou, Iaroslavl, Oust-Louga, Perm, Saratov et Syzran avaient mis hors service 51 % des capacités de raffinage de pétrole de la Russie. Cette affirmation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.
Moscou et Kyiv ont toutes deux intensifié leurs attaques aériennes, alors que les avancées le long de la ligne de front, longue de 1200 kilomètres, sont pour l’essentiel au point mort.
Les forces ukrainiennes ont attaqué à plusieurs reprises des raffineries, de Moscou à la Sibérie, provoquant en début d’année une crise généralisée du carburant en Russie qui a contraint les autorités à restreindre les ventes d’essence.
Les responsables russes n’ont pas divulgué publiquement de données sur les dégâts causés aux infrastructures pétrolières du pays. Toutefois, le président Vladimir Poutine a souligné, dans une rare déclaration le 1er octobre, que ces frappes avaient coûté à la Russie environ 1 % de son produit intérieur brut.
«Ils ont commencé à attaquer des raffineries de pétrole et ont ouvertement déclaré vouloir nuire à notre économie. Ont-ils atteint leur objectif? En partie», a précisé M. Poutine lors d’une réunion du forum du Club de Valdai, qui rassemble des experts internationaux en politique étrangère.
Le ministre ukrainien de la Défense, Ievheniy Khmara, a indiqué que des analystes des services de renseignement ukrainiens, de l’état-major général et du ministère de la Défense avaient évalué les effets de ces frappes.
«Cinquante et un pour cent des capacités de raffinage touchées constituent un coup dur pour l’économie de l’ennemi, pour sa capacité à mener son agression et à approvisionner ses groupements de troupes. Nos frappes en profondeur continuent de faire entrer la guerre sur le territoire russe», a-t-il avancé.
La Russie a toujours été le troisième producteur mondial de produits pétroliers raffinés à partir de pétrole brut, derrière les États-Unis et la Chine.
Certaines des 32 raffineries russes ont été touchées jusqu’à 15 fois depuis le début de la guerre, et une raffinerie a été touchée tous les trois jours ces derniers mois, créant un cycle de dégâts et de réparations d’urgence susceptible de dégrader les installations à long terme, selon l’Agence internationale de l’énergie.
Les frappes ukrainiennes visent également de plus en plus les équipements les plus complexes chargés d’éliminer les impuretés du carburant, dont la réparation prend des mois.
L’Agence internationale de l’énergie a indiqué que la production de diesel a chuté d’environ 30 %, et que les automobilistes ont dû attendre jusqu’à 40 heures pour faire le plein dans les stations-service.
Les raffineurs russes ont tenté de compenser cette situation en reportant les opérations de maintenance prévues et en remettant en service des unités mises hors service.
Une autre mesure a consisté à abaisser les normes de qualité des carburants afin de maintenir l’approvisionnement en essence, ce qui risque d’endommager les moteurs et les équipements de contrôle de la pollution.
Le Kremlin a également interdit les exportations de diesel, ce qui a fait grimper les prix mondiaux et a poussé le président américain, Donald Trump, le 13 septembre, à exhorter l’Ukraine à cesser de frapper les raffineries.
Une frappe russe fait un mort à Kharkiv
Une attaque russe à l’aide d’une bombe aérienne guidée a fait au moins trois morts et 29 blessés, dont trois enfants, lundi dans la ville ukrainienne de Kharkiv, selon le maire Ihor Terekhov.
«Il se peut qu’il y ait des personnes sous les décombres de l’immeuble résidentiel qui a été touché. Une opération de recherche et de sauvetage est en cours», a écrit M. Terekhov sur sa chaîne Telegram.
Une précédente attaque russe par drone contre le quartier d’Industrialnyi de la ville avait également fait un mort, avait indiqué M. Terekhov dimanche soir. Des véhicules et un bâtiment administratif ont été incendiés et des immeubles d’habitation ont été endommagés, avait-il précisé.
Le ministère russe de la Défense a mentionné lundi dans un communiqué avoir frappé une sous-station électrique dans la région de Kharkiv, ainsi que des infrastructures énergétiques et portuaires et des navires utilisés par l’armée ukrainienne.

L’armée de l’air ukrainienne a indiqué que la Russie avait lancé 205 drones dans la nuit de dimanche à lundi, dont 172 ont été abattus ou neutralisés.
Ces dernières semaines, l’Ukraine a eu du mal à repousser les attaques aériennes russes intensifiées contre les villes, qui comprennent notamment des missiles balistiques et des drones à réaction volant à haute altitude.
Kyiv a subi des alertes aériennes répétées, ponctuées par de violentes explosions provoquées par des frappes de drones et de missiles.
Selon des responsables et des analystes, cette offensive vise à terroriser les civils et à briser leur volonté de résister à l’invasion à grande échelle menée par la Russie depuis 2022.
Le conseiller présidentiel Serhii «Flash» Beskrestnov a affirmé sur les réseaux sociaux que 12 tourelles automatisées avaient été installées à Kyiv pour contrer les drones à réaction Shahed, et que d’autres étaient prévues. Il a décrit ces tourelles comme des armes à feu contrôlées par l’intelligence artificielle.
Le ministère russe de la Défense a déclaré que ses forces avaient abattu 199 drones ukrainiens au-dessus de régions russes pendant la nuit, ainsi qu’au-dessus de la péninsule ukrainienne de Crimée, annexée illégalement, et de la mer Noire.
Fermeture d’un poste-frontière
Les opérations à un poste-frontière entre la Moldavie et l’Ukraine ont été suspendues lundi après qu’un obus est tombé à proximité du poste de contrôle lors d’une attaque russe contre des infrastructures ukrainiennes, a indiqué la police des frontières moldave.
L’obus est tombé près du poste de contrôle de Palanca-Mayaky-Udobne vers 9 h 38, heure locale. Il a rebondi sur le sol et a touché un bus de ligne garé près de la barrière, selon le communiqué.
Le bus et une cabine du poste de contrôle ont été endommagés, et un agent des services frontaliers a été légèrement blessé, a indiqué la police. Aucune autre victime n’a été signalée.
La police des frontières a conseillé aux personnes de ne pas se rendre dans cette zone.
