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Luigi Mangione risque de plaider coupable du meurtre du PDG de UnitedHealthcare

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Luigi Mangione assiste a une audience à la Cour pénale de Manhattan à New York, le 11 août 2026. (David Dee Delgado/Photo via AP) Luigi Mangione assiste a une audience à la Cour pénale de Manhattan à New York, le 11 août 2026. Photo via AP (David Dee Delgado)

Luigi Mangione devrait plaider coupable dès vendredi dans l’affaire fédérale, l’accusant d’avoir harcelé et tué Brian Thompson, président et chef de direction d’UnitedHealthcare, selon une source proche du dossier.

Cette source, qui n’était pas autorisée à s’exprimer publiquement sur l’affaire et s’est confiée à l’Associated Press sous couvert d’anonymat, a toutefois précisé que l’accusé pourrait changer d’avis. S’il passe à l’acte, ce serait un rebondissement stupéfiant dans une affaire qui a ébranlé les chefs d’entreprise tout en galvanisant leurs critiques.

Les avocats de M. Mangione, ainsi que les porte-parole du département américain de la Justice et des procureurs fédéraux de Manhattan, ont refusé de commenter.

Luigi Mangione est accusé de s’être rendu à New York pour tendre une embuscade à M. Thompson, âgé de 50 ans, puis de l’avoir abattu devant un hôtel de Manhattan le 4 décembre 2024, alors que le dirigeant se rendait à pied à la conférence annuelle des investisseurs du groupe UnitedHealth.

Il doit comparaître vendredi pour une audience convoquée précipitamment dans le cadre de l’affaire fédérale, qui comporte deux chefs d’accusations de harcèlement.

On ignore encore les accusations pour lesquelles M. Mangione devrait plaider coupable. Cette audience, qui se tiendra devant le tribunal fédéral de Manhattan, intervient alors que ses avocats sont en pourparlers avec les procureurs fédéraux au sujet d’un éventuel règlement de l’une des deux affaires pénales engagées contre lui dans le cadre du décès de M. Thompson. Les négociations précédentes, en juin, avaient échoué.

Le jeune homme âgé de 28 ans a été inculpé tant devant le tribunal fédéral que devant le tribunal d’État de New York et risque toujours un procès dans le cadre de son affaire au niveau de l’État, qui n’est pas encore réglée. Le procès pour meurtre de M. Mangione devant le tribunal d’État doit débuter le 8 septembre. Les deux séries d’accusations sont passibles d’une peine d’emprisonnement à perpétuité.

L’accusé a plaidé non coupable et s’est publiquement élevé contre la perspective de deux procès, déclarant à un juge en février: «C’est deux fois le même procès. Un plus un, ça fait deux. Double incrimination, selon toute définition sensée.»

En vertu de la législation new-yorkaise, des poursuites au niveau de l’État pourraient être exclues si l’affaire fédérale est tranchée en premier, mais ce n’est pas automatique.

Les protections contre la double incrimination prévues par l’État s’appliquent si un jury a été constitué dans le cadre d’une procédure antérieure, telle qu’une affaire fédérale, ou si l’accusé plaide coupable.

Les affaires concernant M. Mangione portent sur des chefs d’accusation différents découlant d’un même ensemble de faits.

Une fois qu’il aura plaidé coupable, ses avocats pourraient alors demander au juge chargé de l’affaire au niveau de l’État de rejeter ces chefs d’accusation en invoquant le principe de la double incrimination. Les procureurs de l’État soutiennent que leur affaire est distincte et que le principe de la double incrimination ne devrait pas s’appliquer.

Une décision réfléchie

Les chefs d’accusation fédéraux retenus contre l’accusé allèguent qu’il a traversé les frontières d’État en bus pour traquer et tuer M. Thompson, et qu’il a utilisé divers moyens, tels qu’un téléphone portable, Internet, les autoroutes inter-États et un séjour dans une auberge accueillant des clients venus d’autres États pour planifier et mener à bien son attaque. Les chefs d’accusation au niveau de l’État concernent le meurtre lui-même, ainsi que des infractions liées aux armes à feu.

Dans une lettre adressée le mois dernier, les procureurs de l’État se sont opposés à l’idée que de plaider coupable dans l’affaire fédérale puisse entraîner l’abandon de l’affaire au niveau de l’État.

«De toute évidence, toute réponse à l’accusation dans ces affaires doit tenir compte de la gravité des infractions commises par l’accusé, de la perte d’une vie innocente, de l’impact de ces crimes sur la famille de la victime, ainsi que d’autres intérêts de l’État en jeu, notamment le principe du caractère sacré de la vie qui sous-tend les chefs d’accusation d’homicide au niveau de l’État», a écrit le procureur adjoint Joel Seidemann.

La décision de M. Mangione de plaider coupable intervient après une série de revers pour sa défense.

En janvier, la juge fédérale Margaret Garnett avait écarté la peine de mort, mais avait statué que les procureurs pouvaient utiliser comme preuves à charge les objets saisis dans le sac à dos lors de l’arrestation.

Parmi ces éléments figuraient un pistolet imprimé en 3D qui, selon les enquêteurs, correspondait à celui utilisé pour tuer M. Thompson, ainsi qu’un carnet dans lequel, selon les autorités, l’accusé aurait décrit son intention de tuer un dirigeant d’une compagnie d’assurance.

En juin, les avocats de M. Mangione avaient déclaré qu’ils invoqueraient une défense psychiatrique dans le cadre de la procédure devant le tribunal d’État, mais ils sont revenus sur leur décision le lendemain. Cette défense, qui repose sur l’argument selon lequel il souffrait de troubles émotionnels extrêmes au moment du meurtre, n’est pas admise devant la justice fédérale.

La vidéo de surveillance du meurtre montrait un tireur masqué abattant le dirigeant par-derrière. Selon la police, les mots «delay», «deny» et «depose» étaient inscrits sur les munitions, imitant une expression utilisée pour décrire la manière dont les assureurs évitent de verser des indemnités.

Luigi Mangione, diplômé d’une université de la Ivy League issu d’une famille aisée du Maryland, a été arrêté 5 jours plus tard dans un McDonald’s d’Altoona, en Pennsylvanie, à environ 370 kilomètres à l’ouest de Manhattan.

Il est devenu une cause célèbre pour les personnes mécontentes du secteur de l’assurance maladie.

Une collecte de fonds en ligne destinée à financer sa défense a permis de récolter plus de 1,5 million $ US, et plusieurs dizaines de sympathisants se sont présentés à ses comparutions devant le tribunal, certains vêtus de vert — la couleur du personnage de Luigi dans le jeu vidéo Mario Bros — et portant des t-shirts «FREE LUIGI».