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Lors de sa visite au Cameroun, le pape fustige les «tyrans» qui ravagent la Terre

«Le monde est ravagé par une poignée de tyrans, mais il est maintenu uni par une multitude de frères et sœurs solidaires!»

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Le pape Léon XIV préside une rencontre pour la paix avec la communauté locale à la cathédrale Saint-Joseph de Bamenda, au Cameroun, le jeudi 16 avril 2026, au quatrième jour de sa visite pastorale de onze jours en Afrique. Le pape Léon XIV préside une rencontre pour la paix avec la communauté locale à la cathédrale Saint-Joseph de Bamenda, au Cameroun, le jeudi 16 avril 2026, au quatrième jour de sa visite pastorale de onze jours en Afrique. (Andrew Medichini)

Le pape Léon XIV a fustigé la «poignée de tyrans» qui ravagent la Terre par la guerre et l’exploitation, alors qu’il prêchait un message de paix, jeudi, au cœur d’un conflit séparatiste considéré comme l’une des crises les plus négligées au monde.

Léon s’est rendu à Bamenda, ville de l’ouest du Cameroun, où des foules en liesse encombraient les routes, klaxonnant et dansant. Elles étaient ravies qu’un pape soit venu de si loin pour les voir et attirer l’attention du monde entier sur la violence qui traumatise cette région depuis près d’une décennie.

Le souverain pontife a présidé une réunion pour la paix à laquelle ont participé un chef traditionnel Mankon, un modérateur presbytérien, un imam et une religieuse catholique. L’objectif était de mettre de l’avant le mouvement interconfessionnel qui s’efforce de mettre fin au conflit et de venir en aide à ses nombreuses victimes.

Dans son allocution à la cathédrale Saint-Joseph, sur un terrain donné par les Mankon, Léon a salué le mouvement pour la paix et mis en garde contre l’ingérence de la religion dans les conflits. C’est un thème qu’il n’a cessé de reprendre dans le contexte de la guerre américano-israélienne en Iran et des justifications religieuses avancées par les responsables américains.

Trump s’en prend au pape Léon XIV après son message antiguerre Le pape Léon XIV a déclaré le 13 avril 2026 «ne pas avoir de réponse» à donner à Donald Trump après que le président américain a affirmé la veille qu'il n'est «pas un grand fan» du pape suite au discours antiguerre de ce dernier.

«Heureux les artisans de paix, a-t-il clamé. Mais malheur à ceux qui manipulent la religion et le nom même de Dieu pour leur propre profit militaire, économique et politique, entraînant ce qui est sacré dans les ténèbres et la souillure.»

Il a appelé à un «changement de cap décisif» qui s’éloigne du conflit et de l’exploitation de la Terre et de ses peuples à des fins militaires ou économiques.

«Le monde est ravagé par une poignée de tyrans, mais il est maintenu uni par une multitude de frères et sœurs solidaires!»

Le pape devait célébrer une messe pour les habitants de Bamenda, située près de la frontière occidentale du Cameroun avec le Nigeria, avant de retourner à la capitale, Yaoundé.

Un conflit ancré dans l’histoire coloniale

Le conflit dans les deux régions anglophones du Cameroun trouve ses racines dans l’histoire coloniale du pays, lorsque celui-ci a été divisé entre la France et le Royaume-Uni après la Première Guerre mondiale. Les régions anglophones ont ensuite rejoint le Cameroun français à la suite d’un référendum soutenu par l’ONU en 1961, mais les séparatistes affirment qu’ils ont depuis été marginalisés sur les plans politique et économique.

En 2017, les séparatistes anglophones ont lancé une rébellion avec pour objectif déclaré de se séparer de la majorité francophone et d’établir un État indépendant. Selon l’International Crisis Group, le conflit a fait plus de 6000 morts et déplacé plus de 600 000 personnes.

Le mouvement séparatiste serait soutenu par plusieurs acteurs à l’étranger. En décembre, un jury fédéral américain a condamné deux personnes pour complot visant à fournir des fonds et du matériel aux combattants séparatistes. En mars, les autorités belges ont également annoncé avoir arrêté quatre personnes dans le cadre d’enquêtes sur des résidents belges soupçonnés de faire partie des dirigeants séparatistes et de collecter des fonds pour eux dans le pays.

À la veille de l’arrivée de Léon, les combattants séparatistes ont annoncé une trêve de trois jours. Un porte-parole de l’Alliance pour l’unité, Lucas Asu, a déclaré que cette trêve «reflète un engagement délibéré en faveur de la responsabilité, de la retenue et du respect de la dignité humaine, même dans le contexte d’un conflit en cours».

Le Cameroun repose sur d’importantes réserves de pétrole, de gaz naturel, de cobalt, de bauxite, de minerai de fer, d’or et de diamants, faisant de l’extraction des ressources l’un des piliers de son économie.

Alors que les entreprises françaises et anglaises dominent depuis longtemps le secteur de l’extraction au Cameroun, les entreprises chinoises ont établi une présence importante ces dernières années, en particulier dans les régions aurifères de l’est.