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Logement ou mémoire? À Berlin, un bunker de la résidence officielle d’Hitler en question

D’environ 1250 m2 de surface, ce bunker est «un lieu historique qui ne doit absolument pas être détruit».

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Vue intérieure d'une réplique du salon et du bureau d'Adolf Hitler, photographiée dans un bunker situé dans un gratte-ciel – et non dans le « bunker du Führer » original – à Berlin, en Allemagne, le jeudi 27 octobre 2016. (AP Photo/Michael Sohn) Vue intérieure d'une réplique du salon et du bureau d'Adolf Hitler, photographiée dans un bunker situé dans un gratte-ciel – et non dans le « bunker du Führer » original – à Berlin, en Allemagne, le jeudi 27 octobre 2016. (AP Photo/Michael Sohn)

Un projet immobilier à Berlin menace la moitié restante d’un bunker de la nouvelle chancellerie du Reich, la résidence officielle d’Adolf Hitler détruite après la guerre, alerte mardi l’association qui fait autorité sur le riche patrimoine souterrain de la ville.

D’environ 1250 m2 de surface, ce bunker est «un lieu historique qui ne doit absolument pas être détruit», a plaidé lors d’une conférence de presse Dietmar Arnold, président de Berliner Unterwelten.

D’après lui, il s’agit de l’un des quatre bunkers encore existants parmi les nombreux construits par les nazis dans ce quartier, proche de la porte de Brandebourg et épicentre du pouvoir allemand.

Son voisin immédiat, le Führerbunker, qui faisait partie du même complexe où le dictateur allemand s’est suicidé à la fin de la guerre avec sa femme Eva Braun, a été partiellement détruit et rendu inaccessible.

«Nous ne nous opposons pas à la construction de nouveaux logements pour préserver un bunker qui pourrait ensuite devenir un lieu de pèlerinage», a justifié l’adjoint à la construction de la capitale, Christian Gaebler, fin juin dans Bild.

Selon le journal allemand, le projet immobilier, qui comprend notamment 66 appartements, nécessite la démolition de ce qu’il reste du bunker.

Problème majeur ces dernières années avec la saturation de l’offre et la flambée des loyers, le logement est au centre de la campagne de l’élection locale du 20 septembre.

Selon M. Arnold, le permis de construire a peut-être déjà été délivré pour la parcelle en question. Contactée par l’AFP, la mairie n’a pas répondu dans l’immédiat.

«Nous ne faisons pas obstacle à la construction de nouveaux logements» à cet endroit, a souligné mardi Dietmar Arnold pour qui «la partie du bunker conservée peut être surbâtie sans problème» afin de concilier l’impératif de construction avec la préservation du patrimoine.

Quant à l’argument du «lieu de pèlerinage», réplique-t-il, «c’est un argument massue complètement fallacieux».

Avec son association, «nous accueillons 330 000 visiteurs par an, dont une partie visite aussi un ancien bunker nazi. Nous n’avons encore jamais vu, dans cette ville, un lieu de pèlerinage» du genre, a-t-il étayé.

Construite par l’architecte Albert Speer pour Adolf Hitler dans les années 1930, la nouvelle chancellerie du Reich, qui a notamment servi de refuges pour femmes et enfants pendant la guerre, a été détruite en surface par l’administration militaire soviétique en 1949-1950, a rappelé M. Arnold.