La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a dénoncé l’approche «désordonnée» des pays européens dans les négociations sur l’Ukraine, sommant l’Union européenne de dire qui parle en son nom, dans une lettre vue jeudi par l’AFP.
Dans ce message adressé au président du Conseil européen Antonio Costa, la présidente du Conseil italien se plaint de la prolifération de rencontres dans des formats différents concernant les efforts pour mettre un terme à la guerre russe en Ukraine.
«Tout cela donne de nous l’image de personnes totalement dépourvues de crédibilité dans la gestion de l’un des dossiers les plus complexes auxquels nos nations sont confrontées», écrit la dirigeante italienne.
«Je suis convaincue que nous nous rendons tous compte que, en donnant l’image d’une Europe qui avance en ordre dispersé, nous ne faisons rien d’autre que servir les intérêts de ceux qui veulent que cette guerre continue», ajoute-t-elle.
Et de citer des discussions récentes qui se sont tenues à Miami, Oslo et, cette semaine, à Bruxelles, entre des représentants de l’Ukraine, de l’UE, de l’OTAN et de plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne.
Elle a également cité l’appel téléphonique le mois dernier entre les dirigeants norvégien et finlandais et le président russe Vladimir Poutine.
«Je veux qu’il soit clairement consigné que je n’accepterai pas cette dynamique et que je n’ai pas l’intention de rester les bras croisés à la regarder se dérouler», écrit encore Mme Meloni.
«Avancer dans la confusion, avec des initiatives qui se poursuivent et se chevauchent les unes les autres, ne nous aidera ni avec nos partenaires ni avec ceux que nous devons convaincre de mettre fin à une agression insensée», écrit-elle.
Les dirigeants de l’UE doivent décider «une fois pour toutes qui s’assoit à la table des négociations au nom de l’Union européenne, et avec quel mandat», réclame-t-elle.
Mme Meloni a précisé ne rien demander pour elle-même ou pour son pays.
Elle souhaite en revanche que le sujet soit mis à l’ordre du jour d’une rencontre informelle des chefs d’État et de gouvernement de l’UE la semaine prochaine à Dublin, en vue d’une décision formelle lors d’un nouveau sommet européen en décembre.
«Sans cela, j’ai peur que nous prenions le risque de condamner l’Europe à l’insignifiance dans le processus de négociations», avertit encore la cheffe du gouvernement italien.
Elle avait déjà plaidé, au début de l’année, pour la nomination d’un envoyé spécial de l’UE pour ces négociations, mais cette proposition n’avait pas rencontré beaucoup d’enthousiasme parmi les États membres de l’UE.
L’Europe cherche depuis longtemps à jouer un rôle plus important dans les négociations visant à mettre un terme à la guerre en Ukraine.
Longtemps au point mort, ces discussions ont été relancées par Washington, qui veut réunir la semaine prochaine les dirigeants russes et ukrainiens à Abou Dhabi.
