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Après des discussions avec l’Iran, les États-Unis appellent son personnel non essentiel à quitter Israël

Trump a affirmé qu’il n’était «pas très content» de la teneur des négociations en cours avec l’Iran.

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Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Sayyid Badr bin Hamad Al Busaidi, à droite, tient une réunion avec l'envoyé spécial de la Maison-Blanche, Steve Witkoff, au centre, et Jared Kushner, dans le cadre des négociations en cours entre l'Iran et les États-Unis, à Genève, en Suisse, le jeudi 26 février 2026. (Ministère des Affaires étrangères d'Oman via AP) Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Sayyid Badr bin Hamad Al Busaidi, à droite, tient une réunion avec l'envoyé spécial de la Maison-Blanche, Steve Witkoff, au centre, et Jared Kushner, dans le cadre des négociations en cours entre l'Iran et les États-Unis, à Genève, en Suisse, le jeudi 26 février 2026. (Ministère des Affaires étrangères d'Oman via AP) (Uncredited)

Les États-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël, où le secrétaire d’État Marco Rubio est attendu lundi, dans un contexte de menaces américaines de frappes en Iran faisant craindre un embrasement régional.

Ces annonces interviennent au lendemain d’une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise entre l’Iran et les États-Unis, perçue comme l’une des dernières chances pour éviter une guerre, après le plus important déploiement militaire américain au Moyen-Orient depuis des décennies.

Washington a notamment dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d’Israël après avoir quitté jeudi la Crète.

Donald Trump a affirmé vendredi qu’il n’était «pas très content» de la teneur des négociations en cours avec l’Iran.

«Je ne suis pas content quant au fait qu’ils (les Iraniens) ne veulent pas nous donner ce que nous devons avoir, je ne suis pas très content. Nous verrons ce qu’il va se passer. Nous aurons d’autres discussions aujourd’hui.»

—  Donald Trump aux journalistes

Il a également affirmé ne pas avoir pris de «décision finale» sur de possibles frappes américaines contre l’Iran.

Alors que l’Iran a riposté en juin par des frappes sur Israël à une attaque israélienne sur son territoire, l’ambassade américaine à Jérusalem a appelé les employés gouvernementaux «non essentiels» à quitter le pays en raison «de risques pour leur sécurité», «tant que des vols commerciaux sont disponibles».

Selon le New York Times, l’ambassadeur, Mike Huckabee, a averti ceux qui souhaitaient partir de le «faire AUJOURD’HUI».

M. Rubio se rendra lui en Israël lundi pour des discussions centrées sur l’Iran, a annoncé le département d’État.

Monde sous tension | Israël et l'Iran L’année 2025 a été marquée par une escalade des tensions au Moyen-Orient. La guerre froide qui sévit entre Israël et l’Iran depuis des décennies a connu une surenchère sans précédent quand Israël a attaqué l’Iran le 13 juin et a bombardé ses centrales nucléaires.

«Ouverture économique»

En Iran, «tout le monde préfèrerait qu’il n’y ait pas de guerre», affirme Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans venu en famille dans le centre de Téhéran.

«Mais nous savons aussi que nous négocions avec des gens (…) réputés pour ne pas tenir leurs promesses», auxquels «il ne faut faire aucune concession», ajoute-t-il, tout en souhaitant une levée des sanctions internationales qui asphyxient l’économie.

Ali Bagheri, un employé de 34 ans, souhaite aussi «une ouverture économique», mettant en avant les difficultés des Iraniens. Mais «avec les demandes» américaines, il «ne pense pas qu’on parviendra à un résultat».

Accusant Téhéran — qui dément — de vouloir se doter de la bombe atomique, les États-Unis insistent pour une interdiction totale d’enrichissement d’uranium, une «ligne rouge» pour l’Iran qui défend son droit au nucléaire civil.

Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, perçu comme une menace existentielle par son allié israélien, une question que Téhéran refuse d’aborder.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé vendredi les États-Unis à éviter «toute exigence excessive» dans leurs discussions, tempérant l’optimisme qu’il avait affiché la veille à l’issue des pourparlers.

Le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Volker Türk, s’est lui dit «extrêmement inquiet du risque d’escalade militaire régionale».

Discours sur l’état de l’Union: Trump se livre à un long exercice d’autosatisfaction Vantant son bilan et ses victoires depuis un an, Donald Trump livrait le 24 février 2026 son discours sur l’état de l’Union dans lequel il a abordé la décision de la Cour suprême sur les droits de douane et les négociations avec l’Iran. Voyez des extraits de son discours.

Et la Chine a conseillé à ses ressortissants actuellement en Iran d’évacuer «dès que possible», tandis que Londres annonçait le retrait de son personnel diplomatique du pays.

De plus, le ministère britannique des Affaires étrangères a annoncé vendredi avoir déplacé certains membres de son personnel diplomatique hors de Tel-Aviv, où se trouve son ambassade en Israël, face au risque que la situation puisse «s’aggraver rapidement» après des menaces de frappes américaines en Iran.

«Par mesure de précaution, nous avons temporairement déplacé une partie de notre personnel et leurs familles de Tel-Aviv vers un autre lieu en Israël. Notre ambassade continue de fonctionner normalement», a annoncé le Foreign office sur son site. «La situation pourrait s’aggraver rapidement et présente des risques importants», est-il indiqué.

Le ministère britannique déconseille désormais «tous les voyages non essentiels» vers Israël et les territoires palestiniens. Le ministère continue de déconseiller «tout voyage dans certaines zones» spécifiques.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a déconseillé vendredi «de toute urgence» à ses ressortissants de se rendre en Israël. «Il est de toute urgence déconseillé de se rendre en Israël ainsi qu’à Jérusalem-Est», peut-on lire sur l’avis actualisé concernant cette destination du site internet du ministère.

La compagnie aérienne turque Turkish Airlines et deux compagnies iraniennes ont annulé leur vol vendredi soir vers Téhéran au départ d’Istanbul, dans un contexte de menaces américaines de frappes sur l’Iran, selon le site internet de l’aéroport d’Istanbul.

Discussions «techniques» à Vienne

Oman, médiateur dans les pourparlers, avait fait état jeudi «de progrès significatifs» lors des discussions, M. Araghchi se prévalant aussi «de très bons progrès».

Une prochaine session doit se tenir «très bientôt», après des discussions «entre équipes techniques» prévues lundi à Vienne en Autriche, avec «l’aide d’experts» de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), avait-il ajouté.

Dans un rapport consulté par l’AFP, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé la tenue «au cours» de la semaine prochaine de «discussions techniques» à Vienne autour du nucléaire iranien.

Mais les États-Unis n’ont pas confirmé de nouveau rendez-vous.

Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de «10 à 15 jours» pour décider si un accord était possible ou s’il allait recourir à la force.

Les deux pays avaient repris des pourparlers l’année dernière, interrompus par la guerre israélo-iranienne de 12 jours en juin à laquelle Washington s’était brièvement joint.

Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d’un vaste mouvement de contestation d’Iraniens, auxquels Donald Trump avait promis de venir «en aide».

De nouveaux rassemblements ont eu lieu ces derniers jours dans des universités.