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L’Iran autorise formellement les femmes à conduire des deux-roues

Cette annonce intervient après une vague de manifestations.

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Des femmes, dont l'une fait un geste de victoire avec la main, traversent une rue sous une immense banderole représentant des mains tenant fermement des drapeaux nationaux iraniens en signe de patriotisme, à Téhéran, en Iran, le 14 janvier 2026. Des femmes, dont l'une fait un geste de victoire avec la main, traversent une rue sous une immense banderole représentant des mains tenant fermement des drapeaux nationaux iraniens en signe de patriotisme, à Téhéran, en Iran, le 14 janvier 2026.

Les femmes en Iran peuvent dorénavant formellement obtenir un permis deux-roues, a rapporté mercredi un média iranien, mettant ainsi fin à des années d’ambiguïté juridique autour de la conduite des motos et scooters.

Le Code de la route ne leur interdisait pas explicitement d’en conduire, mais en pratique les autorités ne leur délivraient pas de permis.

Du fait de cette ambiguïté, les motardes, de plus en plus nombreuses dans le pays, étaient jusque-là légalement tenues pour responsables en cas d’accident même si elles en étaient victimes.

Le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Aref, a signé mardi une résolution, approuvée fin janvier en Conseil des ministres, visant à clarifier la situation, selon l’agence Ilna.

Cette annonce intervient après une vague de manifestations, qui ont débuté fin décembre contre le coût de la vie avant de prendre de l’ampleur les 8 et 9 janvier avec des revendications politiques.

Les autorités reconnaissent la mort de milliers de personnes, mais affirment que la grande majorité était des forces de sécurité ou des passants tués par des «terroristes» agissant pour le compte des États-Unis et d’Israël.

Des Montréalais inquiets de la répression en Iran Par Lili Mercure | L’Internet est coupé depuis maintenant cinq jours en Iran. Les heures sont longues pour les membres de la diaspora iranienne du Québec, qui sont sans nouvelles de leurs proches alors que le pays est à feu et à sang.

Des groupes de défense des droits humains avancent des bilans beaucoup plus élevés.

Le texte sur les deux-roues oblige la police routière à «fournir une formation pratique aux candidates, organiser un examen sous la supervision directe de la police et à délivrer des permis de conduire moto aux femmes», précise Ilna.

Le gouvernement avait envoyé ces derniers jours des messages textes sur les téléphones iraniens pour annoncer la nouvelle.

Pour Saïna, qui se rend déjà au travail en scooter depuis six mois, cette mesure intervient «trop tard» car «les femmes conduisent déjà des motos depuis mois».

«Je ne pense pas que ce soit le principal problème de notre société», dit sous couvert d’anonymat cette employée de 33 ans d’une agence de publicité, en référence aux récentes manifestations et à la situation économique délicate du pays.

Avec l’avènement de la Révolution islamique de 1979, la pratique de certaines activités a été un temps inaccessible à la gent féminine, et surtout mal perçue par la société.

Mais ces dernières années, les femmes en Iran bravent de plus en plus les règles.

Cette tendance s’est accélérée depuis 2022 après la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune Iranienne arrêtée pour avoir prétendument enfreint le strict code vestimentaire.

Son décès avait déclenché des manifestations à travers le pays lors desquelles les nombreuses femmes qui y participaient réclamaient davantage de libertés.