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L'intérêt des familles pour l'éducation de leurs enfants est en baisse dans le monde

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ARCHIVES - Des élèves de sixième lisent un passage et font part de leurs remarques constructives à leurs camarades pendant le cours de Nancy Barajas à l'école primaire Fairview, le mercredi 6 mai 2026, à Modesto, en Californie. (Photo AP/Annie Barker... ARCHIVES - Des élèves de sixième lisent un passage et font part de leurs remarques constructives à leurs camarades pendant le cours de Nancy Barajas à l'école primaire Fairview, le mercredi 6 mai 2026, à Modesto, en Californie. Photo AP (Annie Barker)

L’intérêt des familles pour l’éducation de leurs enfants est en baisse dans de nombreux pays à revenu élevé, alors que les systèmes scolaires sont confrontés à une chute des résultats aux examens, selon les résultats récemment publiés d’un test standardisé passé par des élèves de 15 ans à travers le monde.

En comparaison avec les résultats de 2022, presque tous les pays ont enregistré une baisse du soutien de la part des familles à l’éducation de leurs enfants, surtout pour les garçons, comme l’ont démontré les réponses aux questions évaluant la fréquence à laquelle les parents discutent avec leurs enfants de leur travail scolaire ou s’intéressent à leur apprentissage.

Plus de 760 000 adolescents issus de dizaines de pays ont passé le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) l’année dernière. Les résultats publiés mardi montrent que les notes moyennes en mathématiques, en lecture et en sciences ont toutes atteint leur niveau le plus bas de l’histoire du PISA parmi les économies hautement développées. On observe notamment une baisse continue des notes en lecture et en mathématiques aux États-Unis.

La Chine, Singapour, Taïwan, le Japon et la Corée du Sud ont obtenu les meilleurs résultats à ce test. L’Estonie, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande ont également affiché de bons résultats.

La clé pour expliquer pourquoi les scores baissent de manière aussi généralisée réside peut-être dans une enquête menée en parallèle auprès des élèves.

«Les parents se considèrent davantage comme des clients de l’école que comme des personnes qui s’y intéressent personnellement», a affirmé Andreas Schleicher, directeur de l’éducation et des compétences de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui organise le test PISA.

Les élèves ayant répondu qu’un membre de leur famille leur demandait au moins une fois par semaine ce qu’ils avaient fait à l’école ce jour-là ont obtenu un score supérieur d’environ 35 points au test PISA en sciences — ce qui équivaut à plus d’un an et demi d’apprentissage — par rapport aux élèves dont les familles s’y intéressent moins. Ce chiffre tient compte des différences socio-économiques.

La distraction numérique est un autre facteur. Plus d’un quart des élèves des pays à revenus élevés se sont plaints que leurs camarades de classe étaient distraits par des appareils numériques lors de la plupart ou de tous les cours de sciences. Dans les pays dotés de politiques strictes régulant l’utilisation des téléphones portables à l’école, les taux de distraction étaient plus faibles.

Il existe sans aucun doute un lien étroit entre l’utilisation d’appareils numériques par les élèves à des fins de loisirs et des résultats plus faibles aux tests, a indiqué M. Schleicher. Lorsque la technologie est utilisée à des fins d’apprentissage, cependant, les résultats sont plus nuancés.

Les pays où des élèves du secondaire ont dit utiliser des appareils numériques environ deux à trois heures par jour à l’école ont enregistré de meilleurs résultats aux tests, mais ces résultats ont baissé dès que l’utilisation de la technologie a dépassé ce seuil.

Les pays asiatiques dominent les classements

L’Asie semble avoir trouvé la clé pour utiliser la technologie de manière bénéfique pour les élèves. Moins de 10 % des élèves testés au Japon, en Corée et en Chine continentale se sont plaints de distractions numériques en classe. Seules quatre provinces chinoises ont participé aux tests, ainsi que Hong Kong et Macao.

Parallèlement, l’Asie comptait certaines des meilleures écoles au monde, le Japon, la Corée, Taïwan, Singapour et les provinces chinoises se classant parmi les dix premières régions en mathématiques, en sciences et en lecture.

Près de 100 % des enfants des provinces chinoises ont obtenu des résultats égaux ou supérieurs au seuil de référence en mathématiques et en lecture. Aux États-Unis, ce chiffre n’était que de 65 % en mathématiques et de 74 % en lecture.

Les résultats des États-Unis en mathématiques étaient équivalents à la moyenne des pays de l’OCDE ayant fait passer le test, et les États-Unis se sont classés parmi les 15 premiers pays au monde en sciences, en lecture et en résolution de problèmes mathématiques, une nouvelle catégorie. Cependant, ces classements ont bénéficié du recul d’autres pays. Après tout, les résultats des adolescents américains en lecture et en mathématiques ont chuté à leur plus bas niveau depuis la première édition du test PISA, au début des années 2000.

Les chercheurs ont averti qu’il fallait prendre ces résultats avec des pincettes, car les États-Unis ne répondaient pas aux critères requis en matière d’échantillon suffisamment large d’établissements scolaires et d’élèves ayant participé au test.

Plus on utilise l’IA, moins on apprend

De manière générale, un recours accru à l’intelligence artificielle (IA) était associé à des résultats plus faibles aux tests. Les élèves déclarant ne jamais utiliser d’agents conversationnels ont obtenu de meilleurs résultats que ceux qui en utilisaient. Près de la moitié des élèves des pays développés ont dit utiliser des agents conversationnels basés sur l’IA pour les aider à apprendre au moins une fois par semaine.

M. Schleicher a cité la Chine, le Japon, Singapour et l’Estonie comme des pays ayant réussi à utiliser l’IA pour soutenir l’apprentissage sans en abuser. Il a noté qu’en Asie, en particulier, les enseignants sont davantage habilités à prendre l’initiative dans la conception de systèmes d’IA destinés à la salle de classe.

«Aux États-Unis, les enseignants se contentent principalement de dispenser les cours. En Asie, ils jouent un rôle significatif auprès des élèves», a-t-il dit.

Il se souvient d’une classe en Chine où des élèves du primaire s’exerçaient à la calligraphie à l’encre et au pinceau. Les enseignants numérisaient leurs travaux et utilisaient l’IA pour analyser comment améliorer leur écriture.

«Si l’on avait pris une photo de cette classe, elle aurait ressemblé à une scène des années 1950: des élèves pratiquant la calligraphie à l’encre», a dit M. Schleicher. «Mais tout était piloté par l’IA.»