L’incendie, qui a coûté la vie à 14 nouveaux nés dans une maternité d’Islamabad fin août, est la conséquence d’une «défaillance systémique et institutionnelle» au sein de l’hôpital, a conclu l’enquête officielle.
Le rapport d’enquête, daté du 7 septembre et consulté jeudi par l’AFP, établit qu’il n’y avait pas de détecteurs de fumée, ni d’asperseurs en état de marche et que la cause probable de l’incendie était un climatiseur défectueux.
Le feu s’était déclaré à l’aube du 26 août au 3e étage du service de santé mère-enfant du Pakistan Institute of Medical Sciences (PIMS), principal hôpital public de la capitale.
Selon le rapport de 42 pages, «une défaillance systémique et institutionnelle est établie».
«Le PIMS et sa direction assument la principale responsabilité institutionnelle pour ne pas avoir tenu compte des risques connus et des avertissements préalables, pour organiser un système de sécurité efficace», souligne-t-il.
Des témoins, interrogés par l’AFP le jour de l’incendie, avaient décrit des scènes chaotiques, une épaisse fumée, des vitres brisées, et déploré une intervention trop lente des secours.
Une mère, qui a perdu son bébé dans la tragédie, a déclaré qu’une porte de l’unité de soins intensifs néonatals était verrouillée, ce qui avait entravé les opérations de sauvetage.
Les incendies dans les grands bâtiments sont fréquents au Pakistan, en raison de lois et de normes de construction déficientes, ainsi que d’une application laxiste et de procédures d’urgence insuffisantes.
Concernant le PIMS, l’enquête a démontré qu’aucune procédure d’évacuation adaptée à la nurserie n’avait été suivie «et qu’aucun système automatique de détection de fumée, d’alarme ou d’arrosage n’était opérationnel dans la zone affectée».
Selon «les éléments de preuve techniques (…) le point le plus probable de départ» du feu était un câble électrique relié à un climatiseur, ajoute le rapport, qui écarte «toute accusation selon laquelle le personnel aurait abandonné les nouveau-nés».
Lors de l’incendie, le premier ministre, Shehbaz Sharif, avait ordonné une enquête, affirmant que les «mesures les plus strictes possibles» devraient être prises contre les responsables.