Le service américain de l’immigration et des douanes (ICE) a conclu un contrat de 16,7 millions $ US pour l’achat de 6000 paires de gants capables de délivrer des décharges électriques douloureuses, affirmant que les agents les utiliseraient pour maîtriser les détenus et les manifestants qui opposent une résistance.
L’ICE a poursuivi cet achat malgré l’opposition de défenseurs des droits civiques et de membres démocrates du Congrès, qui ont déclaré qu’on ne pouvait pas faire confiance aux agents de l’ICE pour les utiliser de manière appropriée.
Un avis publié jeudi dans une base de données fédérale indique que l’ICE a conclu un contrat sans appel d’offres pour l’achat de ces gants auprès de Compliant Technologies LLC, une entreprise du Kentucky spécialisée dans leur fabrication. Le contrat prévoit l’acquisition de 6000 de ces dispositifs, ainsi que du matériel et des services associés, au cours des six prochains mois.
Ces dispositifs se présentent sous la forme de gants de patrouille ordinaires jusqu’à ce qu’un agent appuie sur un bouton pour activer le mode électrique.
Ils doivent être appliqués directement sur la peau d’une personne pour produire une décharge douloureuse, présentée comme un moyen d’obtenir la coopération d’individus qui opposent une résistance. Ils sont utilisés depuis quelques années par certaines prisons locales et certains services de police.
L’avis de l’ICE précise que les agents les utiliseraient dans des «environnements à forte tension», notamment lors d’arrestations, du transport de détenus agressifs et lors d’interventions face à des troubles civils à l’extérieur des centres de détention.
«Ils seront utilisés lorsqu’un individu oppose une résistance active ou passive et qu’un agent doit reprendre rapidement le contrôle afin d’éviter que les deux parties ne soient blessées», précise le document.
Il note également que les décharges électriques aideraient à «maintenir le contrôle sur les détenus et à prévenir les agressions ou les tentatives d’évasion», permettraient aux agents de menotter les personnes cachant leurs mains et faciliteraient le contrôle des foules. L’objectif serait d’éviter le recours à une «force plus intense», notamment aux armes à feu.
La note indique que les gants seraient utilisés dans le respect de «politiques, formations et normes de responsabilité approuvées», sans toutefois donner plus de détails.
L’agence mère de l’ICE, le Département de la sécurité intérieure, a réagi jeudi sur un ton de défi face aux critiques concernant cet achat.
«Les responsables politiques des “villes sanctuaires” qui tentent d’interdire à nos forces de l’ordre fédérales l’utilisation de tout équipement de sécurité agissent de manière méprisable et cherchent délibérément à discréditer et à mettre en danger nos agents», a déclaré le département dans un communiqué.
