L’IA pourrait «changer la donne» pour les armes biologiques existantes et futures, a alerté mardi le directeur général du MI5, les renseignements intérieurs britanniques, dans un point annuel sur les menaces auxquelles est confronté son pays.
«Ce n’est pas encore une réalité — mais le scénario le plus préoccupant à mes yeux — c’est le potentiel de l’IA à changer la donne pour les armes biologiques, existantes ou même nouvelles», a déclaré le directeur général Ken McCallum.
Pour rester dans la course face à l’évolution des menaces, le MI5 a lancé cette année un Centre d’évaluation des menaces liées à l’IA, rassemblant des experts de plusieurs organismes publics dont l’AI Security Institute, chargé notamment d’évaluer les capacités des nouveaux modèles d’IA, l’Agence nationale de lutte contre la criminalité (NCA) et le Centre national de cybersécurité (NCSC), a précisé le patron du MI5.
Au-delà du risque que l’intelligence artificielle soit utilisée par des éléments hostiles, il a estimé que le MI5 avait aussi un rôle à jouer face au risque que l’IA elle-même «prenne le dessus» sur les humains.
«Nous n’avons historiquement aucune expérience face à un acteur plus intelligent que nous (…) C’est vraiment nouveau, et cela mérite toute l’attention dont ce sujet fait l’objet actuellement, y compris du MI5», a-t-il relevé.
Ken McCallum a par ailleurs souligné que ses services consacraient aujourd’hui «plus de ressources à la lutte contre des menaces émanant d’États étrangers que pendant la Guerre froide».
«La Russie reste l’agresseur numéro un», a-t-il résumé, avançant comme d’autres dirigeants européens que «l’armée et les services de renseignement russes multiplient leurs tentatives de guerre hybride».
À l’instar de Moscou, Téhéran «tente d’étendre sa campagne hybride», avec plus de 50 personnes arrêtées pour des opérations liées à l’Iran au Royaume-Uni au cours des 12 derniers mois, a-t-il déclaré.
Lundi, le premier ministre Andy Burnham a estimé qu’un incident fin septembre près de la base aérienne anglaise de Fairford, utilisée par l’armée américaine dans sa guerre contre l’Iran, avait été «presque certainement dirigé» par les Gardiens de la Révolution islamique iraniens (IRGC). L’Iran a rejeté ces accusations.
«Ceux qui cherchent à semer le chaos dans les rues britanniques — qu’il s’agisse de voyous recrutés localement ou de leurs commanditaires à l’étranger — feront face à une riposte inflexible», a affirmé M. McCallum.
