Les Européens assument «l’essentiel du soutien à l’Ukraine», a affirmé jeudi le ministre français des Affaires étrangères, après Kyiv se soit plaint d’un ralentissement de la déclinaison militaire du réseau américain Starlink utilisé pour les communications sur le front.
«La vérité, c’est que ça fait bien longtemps que l’Europe, que nous assumons l’essentiel du soutien à l’Ukraine et de la pression sur la Russie», a assuré Jean-Noël Barrot sur la radio France Inter.
«Deux tiers du renseignement qui est fourni à l’Ukraine l’est aujourd’hui par les Européens, et singulièrement par la France», a également affirmé le ministre français.
Les Européens fournissent notamment de l’imagerie satellitaire utilisée par Kyiv pour repérer les cibles russes.
Ces derniers jours, l’UE a transféré 6 milliards d’euros à Kyiv, imposé de nouvelles sanctions à près de 1600 individus et entités liées à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, tandis que la France a arraisonné un pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, a ajouté M. Barrot.
Les États-Unis restent toutefois essentiels pour les communications militaires ukrainiennes, notamment pour le guidage de leurs drones d’attaque contre les territoires occupés de l’Ukraine ou pour leurs drones d’interception, selon Kyiv.
Le système satellitaire conçu par SpaceX, l’entreprise du multimilliardaire Elon Musk, proche de Donald Trump, se décompose entre Starshield, utilisé à des fins militaires, et Starlink, limité aux usages civils.
Ukrainiens et Européens s’inquiètent d’un nouveau volte-face de Donald Trump dans son attitude vis-à-vis de Moscou.
Le président américain vient notamment de négocier un accord avec Vladimir Poutine pour que la Russie mette à disposition du diesel aux États-Unis, empêtrés dans une crise énergétique à quelques semaines des élections de mi-mandat.
«Ne nous laissons pas contaminer par la propagande de Vladimir Poutine. Ça fait 20 fois depuis le début de la guerre d’agression russe en Ukraine qu’on nous annonce que l’Ukraine va chuter, que les États-Unis abandonnent l’Ukraine», a balayé Jean-Noël Barrot.
«La production de diesel et même d’hydrocarbures par la Russie s’est effondrée depuis le début de la guerre, et singulièrement depuis le début de l’année», sous l’effet des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes et des «sanctions très lourdes» des Européens, selon lui.
