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L'Europe a comblé les réductions américaines pour la défense de l'OTAN

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Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'apprête à prononcer un discours lors de l'événement «America 250» à Bruxelles, le 28 juin 2026. Photo AP/Virginia Mayo (Virginia Mayo)

Le commandant en chef de l’OTAN a déclaré vendredi à l’Associated Press que les alliés européens avaient comblé la plupart des lacunes créées par la décision américaine de réduire ses contributions militaires en temps de crise.

Le général américain Alex Grynkewich a exhorté les Européens à mettre davantage de matériel à disposition après que les États-Unis ont annoncé, le 3 juin, qu’ils retiraient un porte-avions, des navires de soutien, des avions de ravitaillement en vol et des dizaines d’avions de chasse de leur contribution au continent.

Il a indiqué avoir également commencé à étudier des plans de secours en cas d’attaque contre l’Europe.

Le «modèle de forces de l’OTAN» constitue le plan A de l’alliance pour mobiliser les forces des 32 pays membres en temps de paix, de crise ou de guerre. Il définit les moyens militaires auxquels les commandants peuvent faire appel par étapes au cours des six premiers mois de tout conflit.

«En l’espace de quelques semaines, les alliés européens ont largement comblé les lacunes laissées par les réductions américaines dans le modèle de forces de l’OTAN», a déclaré M. Grynkewich, quelques jours avant un sommet de l’alliance prévu les 7 et 8 juillet en Turquie, où la planification des forces figurera en bonne place à l’ordre du jour.

«Et dans les quelques domaines où cela n’a pas été le cas, où ils ne disposent pas actuellement d’une capacité équivalente pour les remplacer, nous étudions d’autres capacités avec un effet équivalent», a ajouté M. Grynkewich. Il n’a fourni aucun détail.

Dans une décision qui a pris de nombreux alliés par surprise, le Pentagone a informé l’OTAN qu’il ne fournirait plus autant de moyens, car il se concentre désormais sur des menaces ailleurs, notamment celles émanant de la Chine dans la région Indo-Pacifique.

Les alliés européens et le Canada ont passé au crible leurs inventaires pour déterminer ce qu’ils pourraient proposer si l’un d’entre eux venait à être attaqué. Le Royaume-Uni, par exemple, a placé un deuxième porte-avions et des avions de chasse F-35 en état d’alerte renforcé en vue d’une utilisation en cas d’urgence.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a minimisé l’impact de la décision de l’administration Trump. Il estime que les États-Unis redirigeraient davantage de ressources vers l’Europe en cas de conflit, comme ils l’ont fait lors de la guerre contre l’Iran.

«Il ne s’agit pas de savoir où se trouvent actuellement les forces et les moyens, a fait valoir M. Rutte le mois dernier. Il s’agit de savoir qui ferait quoi si nos plans de défense étaient activés. Disons, par exemple, dans le cas d’une situation relevant de l’article 5.»

En vertu de la garantie de sécurité collective de l’OTAN – l’article 5 de son traité fondateur – les 32 alliés s’engagent à considérer toute attaque contre l’un d’entre eux comme une attaque contre tous. Cela ne les oblige pas à fournir un soutien militaire, même si beaucoup le feraient probablement.

Lorne Cook

Lorne Cook

Journaliste