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L'Éthiopie réclame de nouveau un accès à la mer Rouge à ses voisins

L’Éthiopie a perdu son accès direct à la mer Rouge en 1993 après que l’Érythrée, anciennement une région de l’Éthiopie, a accédé à l’indépendance.

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Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed s'exprime lors d'une session du Parlement éthiopien à Addis-Abeba, en Éthiopie, le lundi 5 octobre 2026. Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed s'exprime lors d'une session du Parlement éthiopien à Addis-Abeba, en Éthiopie, le lundi 5 octobre 2026. (Ethiopian Prime Minster's Office)

Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a réaffirmé lundi que son pays enclavé devait avoir accès à la mer Rouge, bien que les pays voisins aient avancé dimanche, lors d’un sommet, que la responsabilité de cette mer incombait aux États riverains, mettant en garde contre le risque d’un conflit régional.

L’Éthiopie a perdu son accès direct à la mer Rouge en 1993 après que l’Érythrée, anciennement une région de l’Éthiopie, a accédé à l’indépendance.

Peu après avoir prêté serment lundi pour un troisième mandat, M. Abiy a soutenu que l’accès à la mer Rouge était essentiel à la civilisation de l’Éthiopie et qu’il s’efforcerait de garantir à son pays un port.

«Sur la base du principe du donnant-donnant, nous travaillerons sans relâche pour garantir à l’Éthiopie un débouché sur la mer», a-t-il indiqué.

Les relations de l’Éthiopie avec ses voisins régionaux se sont récemment détériorées. Le pays est également confronté à une reprise des combats contre les rebelles séparatistes dans la région du Tigré, au nord.

Des combattants du Front de libération du peuple du Tigré se sont affrontés aux troupes fédérales, au terme d’une guerre dévastatrice de deux ans qui a pris fin en 2022.

Des chercheurs de l’université de Gand ont estimé que 500 000 civils avaient péri des suites des violences, de la famine et de l’effondrement des services de santé.

Les troupes érythréennes ont combattu aux côtés des forces éthiopiennes pendant la guerre du Tigré, mais récemment, l’Éthiopie a accusé l’Érythrée de soutenir les rebelles et de mobiliser le soutien de l’Égypte et du Soudan.

L’Érythrée, quant à elle, a accusé l’Éthiopie de chercher à obtenir un accès à la mer par son territoire.

Un autre différend concernant le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne, situé sur le Nil, a tendu les relations avec l’Égypte et le Soudan, qui dépendent du Nil pour leur approvisionnement en eau.

Dimanche, quatre des cinq pays riverains de la mer Rouge — l’Égypte, l’Érythrée, le Soudan et la Somalie — se sont réunis dans la ville égyptienne de New Alamein et ont appelé à la coopération sur les questions régionales.

Ils ont mentionné que la gestion de la mer Rouge relevait de la responsabilité exclusive de ses États riverains et ont rejeté toute mesure susceptible d’affecter l’utilisation des eaux du Nil par l’Égypte et le Soudan.

Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a précisé lundi que les réalités géographiques devaient être prises en compte dans les discussions sur le Nil et la mer Rouge, soulignant que le Nil Bleu prend sa source en Éthiopie et que le pays est situé à proximité de la mer Rouge.

L’Éthiopie a ajouté qu’elle restait attachée au dialogue et à un engagement régional pacifique, tout en défendant sa souveraineté et ses intérêts nationaux du pays.

Ces dernières tensions diplomatiques font suite à une détérioration des relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée et interviennent après qu’un diplomate égyptien a été déclaré persona non grata.

Les Nations unies et l’Union africaine ont exprimé leur inquiétude face à la montée des tensions et ont appelé à une résolution pacifique.