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L’Espagne défend sa souveraineté sur Ceuta après l’afflux de réfugiés dans l’enclave

L’arrivée en masse de ces jeunes a déclenché une crise diplomatique entre l’Espagne et certains de ses partenaires européens.

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Ceuta: des migrants renvoyés au Maroc La police et les forces armées espagnoles à Ceuta continuaient d'escorter vers le Maroc des migrants alors que selon Madrid, la plupart des 60 000 migrants qui ont franchi illégalement la frontière ont été renvoyés.

L’Espagne a souligné lundi que sa souveraineté sur l’enclave de Ceuta était «incontestable», après que des dizaines de milliers de migrants ont pénétré illégalement sur ce territoire nord-africain depuis le Maroc.

Madrid s’est abstenue de critiquer Rabat sur les arrivées massives de la semaine dernière, interprétées par certains analystes comme un moyen pour le Maroc de faire pression sur l’Espagne.

Les présides (place-fortes) de Ceuta et Melilla furent conquis dans le cadre d’une stratégie visant à établir des avant-postes de la chrétienté sur le continent africain. Ils sont revendiqués par le Maroc.

«Le fait que Ceuta et Melilla fassent partie intégrante du territoire espagnol est incontestable, aux yeux du monde entier», a stipulé lundi le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, lors d’une intervention télévisée.

Selon Madrid, la «quasi-totalité» des quelque 50 000 personnes ayant franchi illégalement la frontière jeudi et vendredi — surtout des jeunes Marocains — ont depuis été renvoyées au Maroc.

Le délégué du gouvernement local de Ceuta, Miguel Angel Perez Triano, a déclaré lundi que le nombre de personnes se trouvant encore à Ceuta était estimé à 2500.

Le plus haut responsable de Ceuta, Juan Jesus Vivas, a quant à lui estimé que ce chiffre était compris entre 3000 et 5000.

Près d’un millier de mineurs sont restés dans l’enclave, selon l’ONG Save the Children.

Avec d’autres migrants adultes, ils vivent dans des conditions très précaires.

«Nous n’avons pas d’eau pour nous laver ou nous doucher. Les douches et les toilettes ont été fermées. Franchement, nous souffrons terriblement», dit à l’AFP Nadia, une Marocaine de 29 ans.

Sa compatriote Asia, qui a également rejoint Ceuta depuis le Maroc, décrit encore: «Il y a de la saleté et de la moisissure. Les toilettes sont immondes. Beaucoup de gens les utilisent et il n’y en a pas assez pour tout le monde».

L’arrivée en masse de ces jeunes a déclenché une crise diplomatique entre l’Espagne et certains de ses partenaires européens.

L’Italie ou le Danemark ont appelé à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, même si la ville autonome de Ceuta n’appartient pas par dérogation à cet espace de libre circulation.

Les autorités espagnoles ont indiqué lundi que le bilan de 72 personnes retrouvées mortes dans leurs eaux, en tentant la courte traversée à la nage, n’avait pas augmenté.

«Nous devons d’abord les identifier, ce qui est le premier gros problème, parce que beaucoup d’entre eux sont partis sans papiers», a expliqué à l’AFP une source au sein de la préfecture à Ceuta.

«Ensuite, nous devons découvrir qui sont leurs familles» par l’intermédiaire des autorités marocaines: «Cela pourrait donc être un long processus».