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Les ventes d’armes à Taïwan suspendues à cause du conflit contre l’Iran, assure le Pentagone

«Nous voulons simplement nous assurer que nous avons tout ce qu’il nous faut, puis les ventes militaires à l’étranger reprendront.»

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Un canon antiaérien obsolète de 40 mm est pointé vers la mer depuis la plate-forme d'observation de Beigan, sur l'archipel de Matsu, à Taïwan, le dimanche 5 mars 2023. (AP Photo/Johnson Lai) Un canon antiaérien obsolète de 40 mm est pointé vers la mer depuis la plate-forme d'observation de Beigan, sur l'archipel de Matsu, à Taïwan, le dimanche 5 mars 2023. (AP Photo/Johnson Lai) (Johnson Lai/AP)

Un responsable du Pentagone a indiqué jeudi que les ventes d’armes américaines à Taïwan, sujet de contentieux entre Washington et Pékin, étaient suspendues en raison des besoins en munitions liées au conflit au Moyen-Orient.

Hung Cao, ministre délégué par intérim à la Marine, a été interrogé lors d’une audition parlementaire sur une acquisition, actuellement bloquée, de 14 milliards de dollars à destination de l’île que la Chine considère comme son territoire.

«Pour l’instant, nous faisons une pause afin de nous assurer que nous avons les munitions dont nous avons besoin pour l’opération Epic Fury» lancée le 28 février contre l’Iran, a-t-il répondu.

Il a assuré que ces dernières étaient «suffisantes», ajoutant: «Nous voulons simplement nous assurer que nous avons tout ce qu’il nous faut, puis les ventes militaires à l’étranger reprendront lorsque l’administration le jugera nécessaire».

La porte-parole de la présidence taïwanaise, Karen Kuo, a déclaré vendredi pour sa part qu’il n’y avait «aucune information indiquant que les États-Unis aient l’intention d’apporter des ajustements à cette vente d’armes».

Washington a approuvé fin 2025 la deuxième vente d’armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars.

Rencontre Trump-Xi: le bilan d’un sommet sur fond de tensions Par Sabrina Rivet | Le voyage de Donald Trump en Chine a pris fin vendredi. Le président américain et son homologue chinois, XI Jin Ping, ont tenté de s'entendre sur des enjeux majeurs, mais leurs discussions n’ont pas donné lieu à d'avancées majeures dans de grands dossiers.

Mais le président réserve sa réponse concernant la suite des livraisons souhaitées par Taipei. Après sa visite à Pékin la semaine dernière, Donald Trump avait déclaré que leur poursuite «dépendait de la Chine» et constituait «un très bon atout de négociation».

La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique tout en se réservant la possibilité de recourir à la force.

Washington est tenu de fournir des armes défensives à Taïwan en vertu du Taiwan Relations Act, une loi adoptée par le Congrès américain en 1979, à la suite de la reconnaissance de la République Populaire de Chine par les États-Unis, à condition que l’île ne déclare pas l’indépendance.

Mercredi, Donald Trump a assuré qu’il parlerait au dirigeant taïwanais Lai Ching-te au sujet notamment des ventes d’armes, une conversation qui romprait avec quatre décennies de protocole diplomatique et que Pékin a dénoncée par avance.

La «position d’opposition résolue de Pékin aux ventes d’armes américaines à la région chinoise de Taïwan est constante, claire et ferme», a déclaré vendredi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse.