Israël annonce que la dépouille du dernier otage à Gaza a été retrouvée, ouvrant la voie à la prochaine phase du cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le Hamas.
Cette annonce, faite lundi, intervient au lendemain de la déclaration du gouvernement israélien selon laquelle l’armée menait une opération de grande envergure dans un cimetière du nord de Gaza afin de localiser la dépouille de Ran Gvili.
Le premier ministre Benyamin Nétanyahou a qualifié cette opération de «succès incroyable» pour Israël et ses soldats, déclarant aux médias israéliens: «J’avais promis de ramener tout le monde chez eux et nous l’avons fait.»
Il a précisé que Ran Gvili, tué lors de l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023, figurait parmi les premiers otages à avoir été emmenés à Gaza.
Le retour de tous les otages, vivants ou morts, était un élément essentiel de la première phase du cessez-le-feu à Gaza, et la famille de M. Gvili avait exhorté le gouvernement israélien à ne pas entamer la deuxième phase tant que sa dépouille n’aurait pas été retrouvée et rapatriée.
Le Hamas a déclaré avoir désormais respecté l’intégralité des termes de la première phase du cessez-le-feu.
La deuxième phase du cessez-le-feu devra faire face à des questions plus épineuses, notamment la transition vers une nouvelle structure de gouvernance à Gaza et le désarmement du Hamas, qui contrôle le territoire depuis près de vingt ans.
Le bureau de M. Nétanyahou avait annoncé dimanche qu’Israël rouvrirait le point de passage de Rafah entre Gaza et l’Égypte, considéré par les Palestiniens comme leur lien vital avec le monde, une fois les recherches de M. Gvili terminées. Ce point de passage est resté largement fermé depuis mai 2024, à l’exception d’une brève période début 2025.
Espoir chez les Palestiniens
Des Palestiniens à Gaza ont dit espérer, lundi, que la récupération de la dépouille permettra la réouverture du point de passage de Rafah et autorisera les déplacements vers et depuis Gaza, ainsi que l’évacuation des personnes nécessitant des soins médicaux.
«Nous espérons que cela mettra fin aux prétextes d’Israël et rouvrira le point de passage», a affirmé Abdel-Rahman Radwan, un habitant de la ville de Gaza dont la mère, atteinte d’un cancer, doit être soignée hors de Gaza.
Ahmed Ruqab, un père de famille vivant avec six personnes sous une tente dans le camp de réfugiés de Nuseirat, a appelé les médiateurs et les États-Unis à faire pression sur Israël pour qu’il autorise davantage d’aide et de caravanes à entrer dans Gaza.
«Il faut tourner la page et repartir à zéro», a-t-il déclaré au téléphone.
Israël et le Hamas subissaient la pression des médiateurs du cessez-le-feu, notamment Washington, pour passer à la deuxième phase de la trêve négociée par les États-Unis, entrée en vigueur le 10 octobre.
Israël avait accusé à plusieurs reprises le Hamas de faire traîner les choses en longueur concernant le retour du dernier otage. Le Hamas a déclaré avoir fourni toutes les informations en sa possession concernant la dépouille de M. Gvili et a accusé Israël d’entraver les recherches menées dans les zones de Gaza sous contrôle militaire israélien.
L’armée israélienne a affirmé que l’opération de grande envergure visant à localiser la dépouille de M. Gvili se déroulait «dans la zone de la Ligne jaune» qui divise le territoire.
L’accord de cessez-le-feu vise à mettre fin à la guerre déclenchée par l’attaque menée par le Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023, qui a fait environ 1200 morts et 251 prisonniers. M. Gvili, un policier de 24 ans affectueusement surnommé «Rani», a été tué lors de cet attentat alors qu’il combattait des militants du Hamas.
Avant la récupération de la dépouille de Gvili, 20 otages vivants et les dépouilles de 27 autres personnes avaient été rendus à Israël depuis le cessez-le-feu, la dernière restitution remontant au début du mois de décembre. En échange, Israël a remis les corps de centaines de Palestiniens à Gaza.
La prochaine étape du plan de cessez-le-feu en 20 points prévoit la création d’une force internationale de stabilisation, la formation d’un gouvernement palestinien technocratique et le désarmement du Hamas.
Des Palestiniens tués à Gaza
Par ailleurs, les forces israéliennes ont abattu un homme lundi dans le quartier de Tuffah, à Gaza, selon l’hôpital Shifa, qui a reçu le corps. L’homme se trouvait près d’une zone où l’armée a lancé une opération de recherche pour retrouver M. Gvili, a précisé l’hôpital.
Un autre homme a été tué dans la partie est du camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de Gaza, selon l’hôpital des Martyrs d’al-Aqsa, qui a également reçu son corps. Les circonstances de sa mort n’étaient pas claires dans l’immédiat.
Plus de 480 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le 10 octobre, selon le ministère de la Santé de Gaza. Ce ministère, qui fait partie du gouvernement dirigé par le Hamas, tient des registres détaillés des victimes, généralement considérés comme fiables par les agences des Nations Unies et les experts indépendants.
Accès aux journalistes
L’Association de la presse étrangère a demandé lundi à la Cour suprême israélienne d’autoriser les journalistes à entrer librement et indépendamment à Gaza. L’association, qui représente des dizaines d’organisations de presse internationales, se bat depuis plus de deux ans pour un accès indépendant des médias à Gaza. Israël interdit aux journalistes d’entrer à Gaza de manière indépendante depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, qui ont déclenché la guerre, arguant que cela mettrait en danger journalistes et soldats.
L’armée a autorisé les journalistes à effectuer de brèves visites ponctuelles sous stricte supervision militaire.
Les avocats de l’association ont plaidé devant le comité de trois juges que ces restrictions sont injustifiées et que, compte tenu des allées et venues des travailleurs humanitaires à Gaza, les journalistes devraient également être autorisés à y entrer. Ils ont également affirmé que les reportages intégrés, étroitement encadrés, auprès des militaires ne sauraient remplacer un accès indépendant. Le jugement est attendu dans les prochains jours.
