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Les séparatistes serbes revendiquent la victoire aux élections en Bosnie

Environ 3,4 millions d’électeurs étaient appelés à élire les trois membres de la présidence multiethnique du pays, les députés du parlement national et les dirigeants des institutions des deux entités du pays.

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Milorad Dodik, chef de l'Alliance des sociaux-démocrates indépendants (SNSD), s'exprime lors d'une conférence de presse à Banja Luka, en Bosnie, le dimanche 4 octobre 2026, à l'issue de la publication des résultats des élections générales. (Photo AP/... Milorad Dodik, chef de l'Alliance des sociaux-démocrates indépendants (SNSD), s'exprime lors d'une conférence de presse à Banja Luka, en Bosnie, le dimanche 4 octobre 2026, à l'issue de la publication des résultats des élections générales. AP (Radivoje Pavicic)

Milorad Dodik, homme politique nationaliste serbe de Bosnie, a proclamé la victoire de son parti lors des élections qui se sont tenues dimanche en Bosnie, un scrutin marqué par les pressions économiques, la perspective de l’adhésion de ce pays des Balkans à l’Union européenne et les tensions ethniques qui divisent le pays depuis la guerre sanglante de 1992-1995.

M. Dodik est un homme politique farouchement pro-russe qui, bien qu’il ne figurât pas sur les bulletins de vote, a dominé la campagne et attisé les divisions par une rhétorique séparatiste qui a fait craindre un retour à l’instabilité en Bosnie.

Ancien président de la Republika Srpska, entité à majorité serbe du pays, M. Dodik s’est vu interdire d’exercer toute fonction publique après avoir été condamné l’année dernière pour avoir défié les décisions de l’envoyé international responsable de superviser l’accord de paix de 1995 qui a mis fin à la guerre.

Avec près de 90% des voix dépouillées, l’alliée de M. Dodik, Zeljka Cvijanovic, de l’Alliance des sociaux-démocrates indépendants (parti de droite), a recueilli plus de 55% des voix, ce qui lui permet d’occuper l’un des trois sièges de la présidence tripartite du pays, devançant son adversaire le plus proche d’environ 30 points de pourcentage.

S’exprimant lors d’une conférence de presse dimanche soir, M. Dodik a déclaré que son parti nationaliste détiendrait également une «large majorité» à l’Assemblée de la Republika Srpska, et a attribué cette victoire électorale à la «magnifique victoire» du président américain Donald Trump en 2024 ainsi qu’au soutien du président russe Vladimir Poutine.

«Personne ne devrait nous demander de changer notre ligne politique, a déclaré M. Dodik. Nous n’abandonnerons pas, mais nous continuerons pour notre peuple (…) Je n’arrive pas à croire que nous ayons remporté une victoire aussi écrasante.»

Faible participation

Environ 3,4 millions d’électeurs étaient appelés à élire les trois membres de la présidence multiethnique du pays, les députés du parlement national et les dirigeants des institutions des deux entités du pays : la Fédération de Bosnie-Herzégovine, à majorité musulmane, et la Republika Srpska, dominée par l’ethnie serbe.

Avec plus de 94% des voix dépouillées dimanche, Darijana Filipovic, de l’Union démocratique croate de Bosnie-Herzégovine (parti nationaliste), détenait une avance confortable pour le siège croate au sein de la présidence, tandis que le membre bosniaque sortant de la présidence, Denis Becirovic, du Parti social-démocrate, devançait son plus proche adversaire, Bakir Izetbegovic, de moins de trois points de pourcentage.

Mme Filipovic et M. Becirovic ont tous deux proclamé leur victoire dans leurs courses électorales dimanche soir, avant que tous les votes ne soient dépouillés.

La Commission électorale centrale de Bosnie a indiqué que 1 432 269 suffrages avaient été exprimés au total, soit un taux de participation de 42 %, en baisse d’environ 8 points de pourcentage par rapport aux dernières élections bosniaques de 2022.

La Bosnie dispose d’un réseau complexe d’institutions gouvernementales créées en 1995 dans le cadre d’un accord de paix négocié par les États-Unis, dans le but de gérer les divisions ethniques entre les Bosniaques musulmans, les Serbes orthodoxes et les Croates catholiques qui avaient conduit à la guerre.

Pourtant, Milorad Dodik n’a cessé de tester ces limites, défiant ouvertement le gouvernement national bosniaque à Sarajevo, la capitale, et prenant des mesures pour que la Republika Srpska se sépare du pays.

Lors du dernier rassemblement électoral de son parti vendredi soir à Banja Luka, la capitale administrative de la Republika Srpska, M. Dodik a déclaré à ses partisans que la Bosnie «est morte».

«C’est un pays impossible. Cela n’a aucun sens», a-t-il dit lors de cet événement, auquel assistait également l’ambassadeur russe Igor Khalabukov.

Ces divisions politiques et ethniques — dans lesquelles les Bosniaques, les Serbes et les Croates du pays votent largement selon des critères ethniques — ont bloqué les progrès de la Bosnie vers son adhésion à l’UE, malgré les efforts de l’Union pour encourager les dirigeants divisés du pays à travailler ensemble en faveur des réformes.

Dragan Bursac, analyste, a expliqué que même si M. Dodik ne figurait pas sur les bulletins de vote pour la première fois depuis près de 30 ans, il «tient toujours les rênes. Il est partout».

«Il est évident que ces mesures visant à l’exclure de la vie politique ne fonctionnent pas, et qu’il en tire parti», a ajouté M. Bursac.