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L’Ukraine peut tenir des élections dans les prochains mois, estime Zelensky

Il a laissé entendre que l’Ukraine pourrait être prête à organiser le vote dans un délai de 60 à 90 jours si cette condition était remplie.

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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky se retourne vers les médias alors qu'il se rend à une rencontre avec le premier ministre britannique Keir Starmer à Downing Street, à Londres, le lundi 8 décembre 2025. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky se retourne vers les médias alors qu'il se rend à une rencontre avec le premier ministre britannique Keir Starmer à Downing Street, à Londres, le lundi 8 décembre 2025. (Kin Cheung)

Les responsables ukrainiens devaient remettre mercredi leurs dernières propositions de paix aux négociateurs américains, selon le président Volodymyr Zelensky, qui a également avancé que l’Ukraine serait prête à organiser des élections dans les trois mois si ses partenaires pouvaient garantir la sécurité du scrutin en temps de guerre et si sa loi électorale pouvait être modifiée.

M. Zelensky répondait aux propos du président américain Donald Trump, qui avait mis en doute la démocratie ukrainienne et insinué que le dirigeant ukrainien instrumentalisait la guerre pour ne pas organiser d’élections.

M. Zelensky a mentionné mardi soir à la presse qu’il était «prêt» à organiser des élections, mais qu’il aurait besoin de l’aide des États-Unis et, éventuellement, de l’Europe pour garantir la sécurité du scrutin. 

Il a laissé entendre que l’Ukraine pourrait être prête à organiser le vote dans un délai de 60 à 90 jours si cette condition était remplie.

«Pour organiser des élections, deux questions doivent être abordées: premièrement, la sécurité — comment les mener, comment le faire en cas de frappes, d’attaques de missiles ; et concernant nos militaires — comment voteront-ils ?», a indiqué M. Zelensky.

«Le deuxième point concerne le cadre législatif nécessaire pour garantir la légitimité des élections», a-t-il ajouté.

Auparavant, M. Zelensky avait souligné qu’un scrutin ne pouvait légalement se tenir tant que la loi martiale, instaurée à la suite de l’invasion russe il y a près de quatre ans, était en vigueur. Il s’était également interrogé sur la possibilité d’organiser un vote alors que des zones civiles ukrainiennes étaient bombardées par la Russie et que près de 20 % du pays était sous occupation russe.

M. Zelensky a demandé aux députés de son parti d’élaborer des propositions législatives autorisant la tenue d’élections malgré la loi martiale.

Dans l’ensemble, les Ukrainiens ont soutenu les arguments de leur président et aucune demande d’élections ne s’est fait entendre au pays. Au regard de la loi ukrainienne en vigueur, le pouvoir de M. Zelensky est légitime.

Mais face aux fortes pressions exercées par Donald Trump pour un accord entre Kyiv et Moscou, M. Zelensky marche sur un fil, devant défendre les intérêts ukrainiens tout en montrant au président américain qu’il est prêt à faire des compromis.

Le président russe, Vladimir Poutine, a maintes fois déploré que le président ukrainien ne puisse négocier légitimement un accord de paix, son mandat de cinq ans, débuté en 2019, étant arrivé à échéance.

«Je pense que le moment est venu d’organiser des élections. Ils instrumentalisent la guerre pour ne pas organiser des élections», a déclaré le président américain dans une entrevue accordée à Politico, reprenant ainsi la position de Moscou.

Une nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine, publiée vendredi dernier, indique clairement que M. Trump souhaite améliorer les relations entre les États-Unis et Moscou et «rétablir la stabilité stratégique avec la Russie».

Ce document dépeint également les alliés européens comme faibles.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a salué mercredi le rôle de Donald Trump dans les efforts de paix en Ukraine, déclarant lors d’un discours au Conseil de la fédération, la chambre haute du Parlement russe, que Moscou apprécie son «engagement en faveur du dialogue». 

M. Trump est «le seul dirigeant occidental» à comprendre «les raisons qui ont rendu la guerre en Ukraine inévitable», a affirmé M. Lavrov.

Bien que les décisions du locataire de la Maison-Blanche soient susceptibles d’être déterminantes pour l’Ukraine, les efforts de paix de Washington se heurtent à des exigences fortement contradictoires de la part de Moscou et de Kyiv.

L’aide militaire à l’Ukraine diminue

Le soutien de l’Europe est inégal, ce qui a entraîné une baisse de l’aide militaire depuis que l’administration Trump a suspendu cette année les livraisons à Kyiv, sauf si elles étaient financées par d’autres pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).

L’aide militaire étrangère à l’Ukraine a fortement diminué durant l’été, et cette tendance s’est poursuivie en septembre et octobre, a indiqué mercredi un organisme allemand qui suit l’aide internationale à l’Ukraine.

L’aide annuelle moyenne, fournie principalement par les États-Unis et l’Europe, s’élevait à environ 41,6 milliards d’euros (67 milliards $) entre 2022 et 2024. Or, depuis le début de l’année, l’Ukraine n’a reçu que 32,5 milliards d’euros (52,4 milliards $), selon l’Institut de Kiel.

«Si ce ralentissement se maintient durant les prochains mois, 2025 deviendra l’année où le niveau d’aide nouvellement allouée sera le plus faible» depuis le début du conflit, a-t-il précisé.

Le Danemark, la Finlande, la Norvège et la Suède ont sensiblement augmenté leur aide à l’Ukraine cette année, tandis que l’Allemagne a presque triplé ses allocations mensuelles moyennes. La France et le Royaume-Uni ont plus que doublé leurs contributions, d’après l’Institut de Kiel.

En revanche, l’Espagne n’a enregistré aucune nouvelle aide militaire à Kyiv en 2025, tandis que l’Italie a réduit sa faible contribution de 15 % par rapport à la période 2022-2024.