Les pompiers serbes luttent jeudi, au début d’une nouvelle vague de chaleur, contre un immense feu qui a embrasé une réserve naturelle, et ont le soutien d’un avion bombardier d’eau dépêché par la Russie, ont indiqué les autorités.
Cet incendie a brûlé depuis le 5 août plus de 3 600 hectares de végétation, dont 30% de forêts, de la réserve de Deliblatska Pescara, à une soixantaine de kilomètres à l’est de Belgrade.
Attisées par un fort vent, les flammes se sont intensifiées depuis mercredi. Elles ont menacé jeudi un petit hameau en lisière de la réserve, obligeant les autorités à ordonner l’évacuation de ses habitants, a rapporté la télévision nationale (RTS), sans préciser le nombre de personnes concernées. Les logements ont été préservés à ce stade.
«La situation reste difficile. Plus de 435 personnes sont mobilisées sur le terrain, nous avons suffisamment de véhicules, mais le terrain est difficilement accessible (à cause de la végétation) et d’un sol sableux, ce qui fait que les véhicules ne peuvent pas s’approcher des foyers», a déclaré le ministre de l’Intérieur Ivica Dacic, qui s’est rendu sur place avec le premier ministre Djuro Macut.
Outres les pompiers, des militaires et des membres du Secteur des situations d’urgence y sont aussi déployés. Une vingtaines d’autres incendies sévissent à travers le pays, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur.

Assistés par des hélicoptères bombardiers d’eau, les pompiers serbes essayaient depuis plusieurs jours de circonscrire de feu à Delibratska Pescara, mais la surface brûlée n’a cessé de s’accroître.
À la demande de Belgrade, le ministère russe de la Défense civile a envoyé en renfort un bombardier d’eau Iliouchine qui intervient dans la zone sinistrée depuis jeudi matin.
L’avion, d’une capacité de 42 000 litres d’eau, soit environ six fois plus importante que celle d’un Canadair, a effectué à ce stade trois largages. La situation ne s’est toutefois guère améliorée.
«Cela représente 120 000 litres d’eau. Mais même cela n’est peut-être pas suffisant. Peu de gens mesurent réellement la gravité de la situation, en raison du sable, de la chaleur et des températures extrêmes», a expliqué M. Dacic.
La météo n’est pas prometteuse. Une nouvelle vague de chaleur qui s’est abattue jeudi sur les Balkans, avec des pics de températures autour de 42°C en Serbie, crée des «conditions extrêmes, favorisant le déclenchement et la propagation des incendies», a mis en garde l’Institut météorologique.
Plusieurs feux de forêt sévissent également en Bosnie voisine, notamment dans une région montagneuse du nord-ouest infestée de mines de la guerre des années 1990, et donc inaccessibles pour les pompiers.