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Les ministres des Affaires étrangères du G20 clôturent leur réunion sans consensus

En conséquence, le groupe n’a pas publié de communiqué commun, mais s’est contenté d’une déclaration du président américain résumant les discussions.

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De gauche à droite: le ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, le ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, le secrétaire d'État Marco Rubio et la ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, posent p... De gauche à droite: le ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, le ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, le secrétaire d'État Marco Rubio et la ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, posent pour les photographes lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du Quad, en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 à Atlanta, le samedi 31 octobre 2026. Pool Photo via AP (Erik S. Lesser)

Les hauts diplomates du G20, qui regroupe les plus grandes économies mondiales, ont clôturé samedi deux jours de discussions sans parvenir à un consensus sur plusieurs questions cruciales de sécurité mondiale. Les divergences — notamment concernant la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine — ayant visiblement éclipsé le début de la réunion d’Atlanta, aux États-Unis, et pesé également sur ses résultats.

En conséquence, le groupe n’a pas publié de communiqué commun, mais s’est contenté d’une déclaration du président résumant les discussions, diffusée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio à l’issue des réunions.

Cette déclaration ne faisait mention d’aucun accord conclu. Elle faisait plutôt référence à une liste de priorités, allant de la sécurité énergétique et alimentaire à la liberté de navigation, que les membres du G20 ont jugé important de résoudre.

«Je ne vous dirai pas aujourd’hui que nous sommes sur le point de trouver des solutions unanimement acceptées à ces problèmes», a dit M. Rubio aux journalistes, lors d’une conférence de presse marquant la fin des réunions.

«Mais, a-t-il ajouté, je pense sincèrement que parmi les pays du G20 représentés ici, certains travaillent ensemble pour résoudre certains de ces problèmes, notamment dans le domaine des chaînes d’approvisionnement et des minerais critiques.»

M. Rubio avait qualifié la première journée de la session de «très productive». Samedi, il a animé des discussions en marge de la réunion avec ses homologues d’Australie, d’Inde et du Japon avant de présider la dernière réunion du G20, consacrée à la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz ainsi que dans les mers Rouge, Noire et de Chine méridionale.

«J’ai clairement fait savoir à nos partenaires que la sécurité des chaînes d’approvisionnement est essentielle à la croissance», a écrit M. Rubio dans une publication sur X.

«Les voies commerciales stratégiques, notamment le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, doivent rester sûres et ouvertes au commerce. Et nous devons continuer à renforcer et à étendre les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques pour protéger notre avenir.»

Lors d’une réception organisée vendredi soir en l’honneur des participants au G20, M. Rubio s’est montré optimiste. «Ensemble, je pense que nous traçons les contours d’un avenir économique dynamique, audacieux et plein de vitalité, qui ouvrira de nouveaux horizons pour le monde entier», a-t-il soutenu.

M. Rubio avait ouvert les discussions vendredi en lançant un appel à l’unité, mais il a ensuite annulé la traditionnelle photo de groupe des ministres des Affaires étrangères. Des diplomates européens se sont opposés à la présence du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et ont menacé de boycotter la séance ou de quitter le groupe.

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, qui représentait son pays pour la première fois en tant qu’invité à une réunion du G20, a dit qu’il n’était pas surpris par l’absence de consensus. «Des guerres font rage, et nous avons autour de la table des participants à ces guerres; il est donc très difficile de s’accorder sur une ligne commune», a-t-il indiqué.

D’autres participants aux réunions, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat, car ils n’étaient pas autorisés à évoquer les discussions à huis clos, ont rapporté que tous avaient convenu d’essayer de surmonter leurs divergences malgré les obstacles de taille et de s’efforcer de faire du sommet des dirigeants du G20, organisé le mois prochain par le président Donald Trump en Floride, un succès.

Ces diplomates ont affirmé qu’une déclaration du président du G20 était prévue depuis longtemps en raison des profondes divergences entre les participants, notamment concernant la guerre entre la Russie et l’Ukraine, la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, les droits de douane américains et les manœuvres chinoises en mer de Chine méridionale. Tous ces facteurs ont contribué à la flambée des prix mondiaux du carburant ainsi qu’à l’incertitude qui pèse sur le commerce.

Ils ont qualifié la séance d’ouverture de cordiale, mais ont souligné que la position de la Russie sur l’Ukraine restait inflexible — tout comme son opposition à l’adhésion de la Pologne au G20. Ils ont précisé que les désaccords portaient également sur la décision de l’administration Trump de ne pas inviter l’Afrique du Sud, membre du G20, malgré les objections des autres pays.

Des désaccords entre partenaires partageant pourtant les mêmes idées au sein du G20 ont également été mis en évidence. Une déclaration commune publiée à l’issue des entretiens de M. Rubio avec les ministres de la région Asie-Pacifique a fait référence à six reprises à l’importance de la «Super Intelligence (SI)*» pour stimuler la croissance économique.

Ces six astérisques renvoyaient à une note de bas de page précisant qu’«en Australie, en Inde et au Japon, le terme “Super Intelligence” désigne l’“intelligence artificielle”». En septembre, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, M. Trump avait rebaptisé l’«intelligence artificielle», estimant que cette expression sonnait faux, et avait ordonné au gouvernement américain de l’appeler «Super Intelligence». Aucun autre pays n’a pris une telle mesure.