Le président américain Donald Trump a remis sur le tapis des accusations de fraude lors de l’élection présidentielle de 2020, affirmant jeudi dans un discours que la Chine avait dérobé des fichiers d’électeurs et suggérant que le Venezuela pouvait manipuler les machines de vote électronique.
La Maison-Blanche a déclassifié jeudi soir des documents des services de renseignement, prouvant selon Donald Trump ses allégations.
Le président américain affirme que Joe Biden a «volé» sa victoire lors de l’élection de 2020, des accusations qui n’ont jamais été prouvées. Plus de 60 actions en justice ont été menées, sans mettre au jour de fraude susceptible de modifier le résultat du scrutin. Même au sein de l’administration Trump, des responsables ont rejeté à plusieurs reprises ces allégations.
Voici une vérification de certaines affirmations de Donald Trump:
Piratage chinois
Donald Trump a accusé Pékin d’être à l’origine du «plus grand piratage de données électorales de l’histoire, aboutissant à l’acquisition illicite par la Chine de 220 millions de fichiers d’électeurs».
Il a également accusé le pays d’avoir tenté de «fabriquer des bulletins de vote illégaux pour Joe Biden».
Mais aux États-Unis, les fichiers d’électeurs sont largement accessibles publiquement. Les États sont chargés de s’en occuper et ils sont souvent vendus.
Un rapport déclassifié de mars 2021, émanant des principales agences de renseignement du pays, n’a relevé «aucune indication que le moindre acteur étranger ait tenté de modifier un quelconque aspect technique du processus de vote».
Selon ce rapport, les agences ont conclu avec un «haut degré de certitude», que Pékin «n’avait pas mené d’actions d’ingérence et avait envisagé, sans les mettre en œuvre, des actions d’influence visant à modifier le résultat».
Une autre évaluation gouvernementale a également établi qu’il n’y avait «aucune preuve qu’un acteur lié à un gouvernement étranger» ait impacté l’élection.
Un tel complot, visant à créer des milliers de faux électeurs, nécessiterait de fabriquer des numéros de Sécurité sociale, d’adresses de résidence et de pièces d’identité, sans se faire repérer, a écrit sur X l’ancien greffier du comté de Maricopa (Arizona), Stephen Richer.
Machines truquées par le Venezuela
Donald Trump a affirmé que les élections vénézuéliennes avaient été truquées sous le régime de Nicolas Maduro, et a laissé entendre que les machines à voter aux États-Unis étaient susceptibles d’avoir été manipulées de la même manière.
Ces propos font écho à des théories véhiculées par des alliés du président américain, prétendant en 2020 qu’un complot vénézuélien visait à fausser les résultats via la société de logiciels électoraux Smartmatic.
Les produits de cette entreprise n’ont été mis en place en 2020 que dans un seul comté, dont le résultat n’a pas été contesté. Smartmatic a par la suite obtenu des accords à l’amiable et a remporté des procès en diffamation.
Les documents déclassifiés jeudi établissent que les responsables vénézuéliens «ont développé un intérêt soutenu et probablement une certaine capacité à manipuler les systèmes de vote électronique», mais que les renseignements «n’ont pas confirmé de manière certaine qu’une fraude électronique à grande échelle ait été menée lors d’élections vénézuéliennes spécifiques».
«Ni Smartmatic ni le gouvernement vénézuélien n’étaient capables» de «manipuler le résultat d’une élection hors du Venezuela», précisent ces documents.
«Rien de ce qui a été publié ne comporte des preuves d’une quelconque manipulation du vote», a déclaré à l’AFP Charles Stewart, expert en élections au Massachusetts Institute of Technology (MIT).
Électeurs non citoyens
Donald Trump a assuré que des milliers de personnes n’ayant pas la citoyenneté américaine étaient inscrites sur les lignes électorales.
Voter sans être officiellement citoyen est illégal et de nombreuses mesures sont mises en place pour l’empêcher. Les cas de vote sans citoyenneté sont extrêmement rares, selon les audits électoraux et des recherches indépendantes.