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Les États-Unis vont retirer 5000 soldats d'Allemagne au cours des prochains mois

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Le président Donald Trump arrive le vendredi 1er mai 2026 pour prendre la parole dans une école à The Villages, en Floride. AP Photo/Matt Rourke Le président Donald Trump arrive le vendredi 1er mai 2026 pour prendre la parole dans une école à The Villages, en Floride. AP Photo (Matt Rourke)

Les États-Unis vont retirer environ 5000 soldats d’Allemagne au cours des 6 à 12 prochains mois, a annoncé vendredi le Pentagone, mettant ainsi à exécution la menace du président Donald Trump, alors qu’il est en conflit avec le dirigeant allemand au sujet de la guerre des États-Unis contre l’Iran.

M. Trump avait menacé de retirer une partie des troupes de ce pays allié de l’OTAN plus tôt cette semaine après que le chancelier Friedrich Merz eut déclaré que les États-Unis étaient «humiliés» par les dirigeants iraniens et critiqué le manque de stratégie de Washington dans cette guerre.

Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a déclaré dans un communiqué que «cette décision fait suite à un examen approfondi du dispositif militaire du département en Europe et tient compte des besoins sur le théâtre d’opérations et des conditions sur le terrain».

L’Allemagne accueille plusieurs installations militaires américaines, notamment le quartier général des commandements européen et africain, la base aérienne de Ramstein et un centre médical à Landstuhl, où ont été soignés les blessés des guerres en Afghanistan et en Irak. Des missiles nucléaires américains sont également stationnés dans le pays.

Le nombre de soldats quittant l’Allemagne représenterait 14 % des 36 000 militaires américains stationnés dans ce pays.

La nouvelle du retrait des troupes a suscité une vive réaction de la part des démocrates au Congrès ainsi que d’un groupe de réflexion belliciste de Washington. Ils ont déclaré que cette décision profiterait au président russe Vladimir Poutine et affaiblirait les intérêts des États-Unis en matière de sécurité.

Ce retrait «laisse entendre que les engagements américains envers nos alliés dépendent de l’humeur du président», a affirmé le sénateur Jack Reed, du Rhode Island, principal démocrate de la commission des forces armées du Sénat.

«Le président devrait immédiatement mettre fin à cette action imprudente avant qu’elle n’entraîne des conséquences irréversibles pour nos alliances et notre sécurité nationale à long terme», a fait valoir M. Reed.

Bradley Bowman, chercheur à la Fondation pour la défense des démocraties, a détaillé que la présence militaire américaine en Allemagne et ailleurs en Europe «renforce non seulement la dissuasion contre de nouvelles agressions du Kremlin, mais facilite également la projection de la puissance militaire américaine en Méditerranée, au Moyen-Orient et en Afrique».

Vendredi, M. Trump a ignoré les questions des journalistes concernant ce retrait alors qu’il montait à bord d’Air Force One à Ocala, en Floride, à l’issue d’un rassemblement visant à promouvoir son programme économique.

M. Trump avait proféré une menace similaire lors de son premier mandat, affirmant qu’il retirerait environ 9500 des quelque 34 500 soldats américains alors stationnés en Allemagne, mais il n’avait pas entamé le processus et le président démocrate Joe Biden avait officiellement mis fin au retrait prévu peu après son entrée en fonction en 2021.

Le dirigeant américain, connu pour son caractère imprévisible, envisage depuis des années de réduire la présence militaire américaine en Allemagne et a vivement critiqué l’OTAN pour son refus d’aider Washington dans la guerre qui a débuté le 28 février avec des frappes américano-israéliennes contre l’Iran.

M. Trump a écrit mercredi sur les réseaux sociaux que les États-Unis examinaient une éventuelle réduction des effectifs en Allemagne, une «décision» devant être prise prochainement. Jeudi, il a publié que M. Merz devrait «consacrer plus de temps à mettre fin à la guerre avec la Russie/l’Ukraine» et à «remettre sur pied son pays en ruine» plutôt que de se préoccuper de l’Iran.

Les alliés américains au sein de l’OTAN se préparent à un retrait des troupes américaines depuis l’arrivée au pouvoir de M. Trump, Washington ayant averti que l’Europe devrait à l’avenir assurer elle-même sa propre sécurité, y compris celle de l’Ukraine.

Selon les opérations, les exercices et les rotations de troupes, environ 80 000 à 100 000 militaires américains sont généralement stationnés en Europe. Les alliés de l’OTAN s’attendent depuis plus d’un an à ce que les troupes américaines déployées après le lancement par la Russie de sa guerre totale contre l’Ukraine en février 2022 soient les premières à partir.

Ed Arnold, expert en sécurité européenne au Royal United Services Institute (RUSI) de Londres, a expliqué que l’Europe était davantage préoccupée par des questions telles que le redéploiement par les États-Unis de systèmes de missiles Patriot et de munitions de l’Allemagne vers le Moyen-Orient.

En octobre, les États-Unis ont confirmé qu’ils réduiraient leur présence militaire aux frontières de l’OTAN avec l’Ukraine. La décision de retirer 1500 à 3000 soldats a été prise à la dernière minute et a déstabilisé la Roumanie, alliée de l’OTAN, où l’organisation militaire gère une base aérienne.