Le président américain Donald Trump a indiqué mercredi qu’il allait autoriser Kyiv à fabriquer des missiles Patriot, indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes qui frappent l’Ukraine, lors de sa rencontre avec Volodymyr Zelensky en Turquie.
«Nous allons vous donner une licence pour fabriquer des Patriot», a déclaré Donald Trump à l’issue du sommet de l’OTAN à Ankara.
«De cette façon, vous ne pourrez pas vous plaindre qu’on ne vous en fournit pas assez», a-t-il lancé au président ukrainien, assis à ses côtés, sur un ton nettement plus conciliant que lors de précédents entretiens avec M. Zelensky.
L’Ukraine réclame à ses alliés d’augmenter leurs livraisons de missiles Patriot, de fabrication américaine, sur lesquels dépend principalement sa défense antiaérienne contre les attaques de missiles balistiques russes, intenses ces dernières semaines.
Kyiv est particulièrement visée par des attaques de missiles balistiques Iskander ces dernières semaines. Deux attaques massives depuis le début du mois ont fait plus de 50 morts au total.
Mercredi, une nouvelle frappe sur Kyiv a fait trois morts, selon le maire de la capitale, Vitali Klitschko.
Le président américain n’a pas précisé sous quelles conditions ni à quelle échéance une telle autorisation serait accordée. Il n’est pas clair si l’Ukraine dispose des capacités pour fabriquer ces coûteux missiles à court terme.
«Nous n’en avons pas encore informé l’entreprise, mais ça va s’arranger», a indiqué M. Trump, qui a qualifié l’annonce de «plutôt cool».
«Je compte sur nos équipes pour assurer un suivi rapide de tous les points discutés aujourd’hui», a déclaré plus tard le président ukrainien dans un message sur X.
La Russie exploite son avantage en missiles balistiques et les difficultés d’approvisionnements en missiles Patriot pour viser principalement Kyiv, a estimé l’analyste militaire Serguiï Zgourets auprès de l’AFP.
«Cela permet à l’adversaire d’utiliser de telles attaques comme moyens de pression psychologique», a-t-il ajouté.
Mais la production de missiles Patriot sur le sol ukrainien prendra nécessairement plusieurs années et ne peut répondre aux besoins immédiats de Kyiv, alors que la guerre au Moyen-Orient a épuisé les stocks.
Selon le centre de réflexion américain FPRI, il faut compter 24 mois pour la production d’un missile PAC-3 MSE, et 30 mois pour la production de son moteur.
L’Ukraine a également intensifié ses frappes en profondeur sur le territoire russe, en représailles aux bombardements russes quotidiens depuis le début de l’invasion à pleine échelle en février 2022.
Pour le président américain, ces frappes, qui ont notamment déstabilisé la production et l’approvisionnement en carburants, sont «une escalade» mais «qui peut aider à mener vers une fin» du conflit.
M. Trump et M. Zelensky ont longtemps entretenu des relations houleuses, mais le président américain a semblé avoir adopté une attitude bien plus cordiale lors de cette longue intervention devant la presse.
«On a en fait développé de bonnes relations. C’est dur à croire, n’est-ce pas, depuis le bureau oval à aujourd’hui», a-t-il dit sur le ton de la plaisanterie.
La déclaration du sommet de l’OTAN, qui a pris fin mercredi à Ankara, a également traduit ce changement de ton.
Les 32 pays de l’OTAN, États-Unis compris, y affirment leur «soutien indéfectible à l’Ukraine, laquelle contribue à la sécurité transatlantique».
