Les tensions sont palpables aux États-Unis depuis que des agents fédéraux de l’immigration ont tué deux citoyens en janvier dernier. Mais faut-il s’inquiéter de voir une escalade de la violence? Retour historique sur la dernière guerre civile des États-Unis.
Bien qu’il soit inquiet de voir, des débordements, l’expert en politique étrangère américaine David Grondin estime «qu’on en est pas encore rendu là».
Une guerre civile impliquerait un réel refus de reconnaitre le pouvoir du président, suivi d’une escalade de violence avec l’armée, explique le chercheur au Centre d’études et de recherches internationales.
La dernière guerre civile aux États-Unis est vieille de plus de 100 ans. La Guerre de Sécession, qui s’est déroulée entre 1861 et 1865, opposait les États du Nord dirigés par Abraham Lincoln aux États du Sud dirigés par Jefferson Davis.
En résumé, le nord voulait limiter et abolir l’esclavage et le sud voulait conserver le système.
«À partir des années 1850, la polarisation est tellement forte que le dialogue raisonné entre les deux camps est quasi impossible», raconte l’historienne Mylène Desautels. Elle y voit des similitudes avec le clivage actuel entre la droite et la gauche américaine.
Le Nord gagne la guerre en 1865 avec la capitulation du général Robert E. Lee, qui commandait l’armée du sud.
La reconstruction des États-Unis dans les années qui ont suivi a toutefois été ralentie par de nombreuses manifestations et idéologies contraires.
«Dans les sources de l’époque, c’est très clair, il y a une idéologie de la suprématie blanche», soutient l’historienne. Une pensée raciste qui n’a jamais réellement disparu aux États-Unis.
Bien que les contextes soient très différents, les deux experts remarquent des similitudes qui s’expliquent par cette tension raciale qui perdure chez nos voisins du sud.
«Qui sont les personnes réprimées ? Actuellement, ce sont les immigrants et les personnes qui ne sont pas blanches», rappelle David Grondin.
