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Les États-Unis révoquent les visas de responsables de quatre pays sud-américains

Les mesures visent des juges, fonctionnaires et entrepreneurs en Bolivie, en Colombie, en Équateur et au Pérou.

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Le drapeau américain flotte devant le Capitole, le 8 juin 2026, à Washington. Photo AP Le drapeau américain flotte devant le Capitole, le 8 juin 2026, à Washington. Photo AP (Mariam Zuhaib)

Les États-Unis ont annoncé lundi des restrictions de visas contre des responsables de plusieurs pays d’Amérique latine — dont la Bolivie — accusés de corruption, notamment des magistrats et fonctionnaires.

Cette nouvelle politique «impose des restrictions en matière de visas aux ressortissants étrangers — ainsi qu’aux membres de leur famille proche — qui sapent un gouvernement démocratiquement élu par le biais d’activités de corruption ou de trafic de drogue dans notre région», a déclaré dans un communiqué le porte-parole du département d’État, Tommy Pigott.

«Le fait de saper un gouvernement démocratiquement élu constitue une menace pour la sécurité et l’État de droit dans les Amériques et ne sera pas toléré», a-t-il dit.

Les mesures visent des juges, fonctionnaires et entrepreneurs en Bolivie, en Colombie, en Équateur et au Pérou.

Concernant la Bolivie, 21 personnes dont plusieurs juges voient leurs visas révoqués ou, s’ils ne sont pas en possession d’un visa, sont interdits d’entrée aux États-Unis.

Parmi eux, le procureur général bolivien Roger Mariaca, entré en fonction fin 2024.

«Ses actions mettent en péril les efforts du président Trump pour combattre le narcoterrorisme, tout en sapant les institutions démocratiques mêmes de la Bolivie», justifie le communiqué américain.

M. Mariaca a affirmé dans une déclaration à la presse lundi que cette décision est un acte «d’ingérence» et de «pression politique» à la suite de ses enquêtes.

«Nous ne pouvons pas accepter que le travail que je mène (…) soit remis en question par des décisions ou des déclarations provenant de l’extérieur», a-t-il déclaré.

Sont également sanctionnés en Bolivie le magistrat constitutionnel Israel Ramiro Campero et Martín Irusta, procureur qui a auparavant exercé comme avocat de l’ex-président Evo Morales.

Le président bolivien de centre droit, Rodrigo Paz, avait placé le pays sous le régime de l’état d’exception en juin après plusieurs semaines de manifestations antigouvernementales. Le Parlement a prolongé jeudi ce dispositif de 90 jours face au risque de nouveaux blocages.

«Bouclier des Amériques»

Au Pérou, un juge du premier circuit constitutionnel de Lima, Juan Carlos Núñez, est également sanctionné.

Depuis son retour au pouvoir, le président américain, Donald Trump, s’efforce d’imposer l’hégémonie des États-Unis en Amérique latine et dans les Caraïbes, renforçant la lutte contre le trafic de drogue et les cartels.

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, se fait le porte-parole de cette politique. Il s’est récemment rendu en Colombie, Équateur et au Pérou, dans le sillage d’une vague conservatrice en Amérique latine ayant porté au pouvoir des dirigeants de droite proches du président américain.

Dans le cadre de cette offensive les États-Unis ont lancé le «Bouclier des Amériques», une coalition d’une quinzaine de pays alliés pour lutter contre le trafic de drogue dans la région.

La semaine dernière, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, Donald Trump avait appelé ces pays à imposer des sanctions contre 24 cartels qui sévissent sur le continent américain, que Washington désigne comme étant des «organisations terroristes étrangères».