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Les États-Unis restreignent le partage de données sur la Corée du Nord à Séoul

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Des chars K1A2 de l'armée sud-coréenne se déplacent lors d'un exercice conjoint de franchissement de cours d'eau entre la Corée du Sud et les États-Unis, dans le cadre de l'exercice militaire «Freedom Shield» (Bouclier de la liberté), à Yeoncheon, en Corée du Sud, le samedi 14 mars 2026. Des chars K1A2 de l'armée sud-coréenne se déplacent lors d'un exercice conjoint de franchissement de cours d'eau entre la Corée du Sud et les États-Unis, dans le cadre de l'exercice militaire «Freedom Shield» (Bouclier de la liberté), à Yeoncheon, en Corée du Sud, le samedi 14 mars 2026. (Ahn Young-joon/Associated Press)

Les États-Unis ont partiellement restreint le partage de données satellites sur la Corée du Nord avec Séoul, après avoir reproché à un ministre sud-coréen d’avoir divulgué des informations sensibles sur un site nucléaire géré par Pyongyang, ont rapporté mardi plusieurs médias.

Le mois dernier, le ministre sud-coréen de l’Unification, Chung Dong-young, avait informé l’Assemblée nationale que la Corée du Nord était soupçonnée d’exploiter un site d’enrichissement d’uranium, une étape cruciale pour la fabrication d’armes nucléaires, dans la région de Kusong (nord-ouest).

Washington a alors accusé le ministre de divulguer des informations issues du renseignement américain sans autorisation, et a depuis «limité» le partage de données à Séoul, selon l’agence de presse Yonhap et plusieurs médias sud-coréens.

Ces restrictions s’appliquent «depuis le début du mois», a indiqué mardi à Yonhap un responsable militaire sud-coréen sous couvert d’anonymat, ajoutant qu’elles «n’affectent pas significativement la préparation militaire».

«La collecte et le partage de renseignements concernant les activités militaires de la Corée du Nord se poursuivent normalement entre les autorités sud-coréennes et américaines, comme avant», a-t-il tempéré.

Critiqué par l’opposition, Chung Dong-young a jugé lundi «profondément regrettable» que ses propos aient été interprétés comme une fuite. Il a insisté sur le fait que ses déclarations reposaient sur des informations accessibles au public.

Le président sud-coréen Lee Jae Myung a pris la défense de son ministre sur X, affirmant que l’existence du site de Kusong était un «fait avéré», déjà documenté par des travaux universitaires et des articles de presse.

Les Forces des États-Unis en Corée (USFK) ont déclaré mardi à l’AFP être «au courant des articles parus dans la presse» et n’avoir «rien à ajouter».

Un porte-parole du ministère sud-coréen de l’Unification a déclaré lundi que Séoul «n’avait reçu aucune information» concernant le site de Kusong «de la part d’aucune autre agence».

Cet incident intervient alors que le président de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi a alerté la semaine dernière lors d’une conférence de presse à Séoul d’une «augmentation très inquiétante» des capacités nucléaires de la Corée du Nord.

La Corée du Nord, qui a procédé à son premier essai nucléaire en 2006, est soumise à une série de sanctions de l’ONU en raison de ses programmes d’armement et a coupé l’accès aux inspecteurs de l’AIEA en 2009.