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Les États-Unis quittent la salle lors d'une réunion de l'ONU

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Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Turk, s'adresse aux médias lors d'une conférence de presse à Beyrouth, au Liban, le lundi 27 juillet 2026. (Photo AP/Hassan Ammar) Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Turk, s'adresse aux médias lors d'une conférence de presse à Beyrouth, au Liban, le lundi 27 juillet 2026. (Hassan Ammar)

Les diplomates américains ont quitté la salle alors que leurs homologues français prenaient la parole lundi aux Nations unies, après que cet allié européen proche des États-Unis a critiqué le bilan de l’administration Trump en matière de droits de l’homme.

Cette décision surprise, prise lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à l’Ukraine, fait suite à l’opposition des États-Unis à l’octroi d’un nouveau mandat de quatre ans à Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Vendredi, sa reconduction a reçu un soutien massif, notamment de la part de la France.

Ce départ des États-Unis reflète non seulement les relations de plus en plus tendues entre le président Donald Trump et son homologue français, Emmanuel Macron, mais aussi des tensions plus générales entre les États-Unis et l’Europe.

Celles-ci portent notamment sur les doutes quant à l’engagement de Donald Trump envers l’OTAN, les éventuels changements dans le déploiement des troupes américaines en Europe, ainsi que la volonté de M. Trump de contrôler le Groenland, qui appartient au Danemark, membre de l’OTAN.

Le président Trump s’est plaint que les Européens, qui n’avaient pas été consultés, n’aient pas aidé les États-Unis pendant la guerre contre l’Iran.

Dans ce contexte de tensions, M. Macron a pris l’initiative de renforcer les capacités militaires de l’Europe et de garantir un parapluie nucléaire en tant que l’une des deux puissances nucléaires du continent, aux côtés du Royaume-Uni.

Après le bref départ de la réunion de lundi, l’ambassadeur adjoint des États-Unis, Dan Negrea, a accusé la France de feindre l’«indignation morale» et de prétendre donner des leçons au monde entier sur tous les sujets, y compris les droits de l’homme.

Les États-Unis ont soutenu la France dans tous les conflits où sa «liberté a été menacée» et ont toléré ses gesticulations «par esprit de camaraderie et de respect mutuel», a-t-il déclaré, mais cela est désormais terminé.

Ce qui a déclenché cette sortie, c’est une publication sur les réseaux sociaux vendredi de la mission française auprès de l’ONU à Genève, critiquant l’opposition des États-Unis à un second mandat du Haut-Commissaire aux droits de l’homme.

L’Assemblée générale a voté en faveur de M. Türk par 144 voix contre 10, avec 13 abstentions, les États-Unis figurant parmi les voix «contre».

«Les États-Unis étaient autrefois un phare des droits de l’homme. Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, ils se retrouvent isolés aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie. Et le monde ne les écoute plus», a tweeté la mission française.

Mike Waltz, l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, a réagi sur X en accusant la France de dorloter «certains des pires violateurs des droits de l’homme» et de voter «pour quelqu’un qui n’a cessé de faire la leçon à des démocraties libres et souveraines, comme les États-Unis, le Royaume-Uni et Israël, tout en se rapprochant des pires oppresseurs du monde».

La fonction de M. Türk en tant que Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme est, par nature, délicate: elle exige de dénoncer les violations des droits commises par les gouvernements des pays qui composent cette organisation mondiale.

Par exemple, M. Türk a vivement critiqué l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 et la guerre menée par Israël à Gaza. Il a également appelé à une «refonte en profondeur» de la politique d’immigration américaine avant la Coupe du monde, invoquant des problèmes liés au «profilage racial, à la surveillance et à l’application des lois sur l’immigration».

Lors de la réunion de lundi, M. Negrea s’en est pris à la France.

«Aujourd’hui, je leur rappelle que ce sont les États-Unis qui restent le phare de la liberté pour le monde, a-t-il dit. À ce titre, nous ne leur accorderons pas le privilège d’écouter leurs divagations politisées tant qu’ils n’auront pas renoncé à leur rhétorique condescendante et irrespectueuse et qu’ils ne se comporteront pas d’une manière digne de leur siège au sein de ce Conseil.»

L’ambassadeur de la France auprès des Nations unies, Jérôme Bonnafont, n’a jamais évoqué ce départ lorsqu’il a été invité à prendre la parole à la fin de la séance du Conseil pour répondre.

Il a plutôt souligné que la France — qui a aidé les États-Unis à obtenir leur indépendance — avait pris part aux célébrations du 4 juillet marquant le 250e anniversaire des États-Unis.

«Les Nations unies ont été créées dans le but d’œuvrer en faveur de la paix et de la sécurité internationales, des droits de l’homme et du développement, a-t-il souligné. Tout cela constitue l’esprit dans lequel la France œuvre au sein des Nations unies pour préserver cette institution, son indépendance, sa capacité à agir au service de la Charte et à œuvrer en faveur des droits de l’homme et de la paix.»