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Les États-Unis imposent des sanctions au président cubain

Parmi les personnes visées par ces sanctions figure Alejandro Castro Espín, le fils de l’ancien président Raúl Castro et de Vilma Espín.

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Le président cubain Miguel Diaz-Canel (deuxième à gauche) et le petit-fils de Raul Castro, Raul Guillermo Rodriguez Castro (au centre à l'arrière), participent à un rassemblement de soutien à l'ancien président Raul Castro devant l'ambassade des État... Le président cubain Miguel Diaz-Canel (deuxième à gauche) et le petit-fils de Raul Castro, Raul Guillermo Rodriguez Castro (au centre à l'arrière), participent à un rassemblement de soutien à l'ancien président Raul Castro devant l'ambassade des États-Unis à La Havane, à Cuba, le vendredi 22 mai 2026, après que les procureurs américains ont déposé un acte d'accusation l'accusant d'avoir ordonné la destruction en 1996 d'avions civils pilotés par des exilés basés à Miami. AP (Ramon Espinosa)

Les États-Unis ont imposé jeudi des sanctions à l’encontre du président cubain Miguel Díaz-Canel, de son épouse et de trois autres personnes. Il s’agit de la dernière initiative en date de l’administration Trump visant à faire pression sur les dirigeants de l’île, une mesure qui a immédiatement suscité la condamnation de La Havane.

Parmi les personnes visées par ces sanctions figure Alejandro Castro Espín, le fils de l’ancien président Raúl Castro et de Vilma Espín. Il a occupé le poste de conseiller auprès de la Commission de défense et de sécurité nationale de Cuba et était présent lorsque Raúl Castro a accueilli le président américain de l’époque, Barack Obama, à La Havane lors d’une rencontre historique en mars 2016.

Le fils de Castro Espín, Raúl Alejandro Castro Calis, figure également sur la liste.

Ces nouvelles sanctions surviennent alors que le président américain Donald Trump menace de mener une action militaire à Cuba depuis qu’il a destitué le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro en janvier, puis ordonné un blocus énergétique qui a coupé les livraisons de carburant à Cuba. Cela a entraîné de graves coupures d’électricité, des pénuries alimentaires et un effondrement économique sur l’ensemble de l’île.

Ces menaces ont pris davantage de poids après que les États-Unis ont annoncé des poursuites pénales contre Raúl Castro le mois dernier.

Les sanctions de jeudi, qui font suite à la signature par M. Trump d’un décret élargissant les sanctions contre l’île, gèlent les biens et les comptes bancaires de ces personnes aux États-Unis. Cependant, on ignore dans quelle mesure leurs finances sont liées au système financier américain.

Il est «assez improbable» que le président cubain et d’autres personnalités possèdent des avoirs aux États-Unis, a déclaré Richard Feinberg, ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis pour l’Amérique latine et professeur émérite d’économie politique internationale à l’Université de Californie à San Diego.

Il a dit que ces sanctions «pourraient être considérées comme un prélude à une intervention ou à une pression accrue sur le régime pour qu’il conclue un accord», ajoutant que la rhétorique de Donald Trump et du secrétaire d’État américain Marco Rubio «pourrait aller dans les deux sens».

M. Díaz-Canel a accusé Donald Trump de proférer «de nouvelles déclarations menaçantes contre Cuba» et a énoncé que «ces mesures visent à renforcer le blocus et à aggraver le conflit entre Cuba et les États-Unis».

«Cette cécité politique s’ajoute aux mesures coercitives appliquées ces dernières semaines contre notre pays, destinées à nuire au peuple cubain, a-t-il écrit sur X. L’agression et la perversion du gouvernement américain se heurteront à notre détermination à faire face aux pires scénarios et à résister à l’assaut impérialiste.»

«Nous allons nous en occuper», dit Trump

Interrogé jeudi sur le fait de savoir si ses sanctions visaient à accélérer l’effondrement de Cuba, Donald Trump a répondu: «Nous voulons simplement que ce soit un pays bien géré.»

«Le pays meurt de faim et n’a pas d’énergie, pas de pétrole, pas d’argent, rien. Il dispose d’un magnifique territoire. On pourrait y avoir de superbes complexes touristiques», a assuré Donald Trump aux journalistes lors d’un événement sans lien avec ce sujet dans le bureau ovale.

Lorsqu’on lui a demandé si Cuba était sur le point de s’effondrer, il a répondu: «C’est en quelque sorte déjà le cas.» «Nous nous en occuperons dès que nous aurons terminé» les opérations militaires en Iran, a-t-il ajouté.

Donald Trump a intensifié ses propos sur un changement de régime à Cuba après s’être engagé à mener une «prise de contrôle amicale» du pays si ses dirigeants n’ouvraient pas l’économie aux investissements américains et n’expulsaient pas les adversaires des États-Unis.

Marco Rubio, fils d’immigrants cubains qui adopte depuis longtemps une ligne dure contre les dirigeants socialistes de Cuba, a déclaré que Donald Trump préférait parvenir à un accord, mais qu’il doutait que les États-Unis puissent trouver une solution diplomatique avec le gouvernement actuel.

«Les entités désignées aujourd’hui dirigent ou financent le régime et ses efforts pour mobiliser ses mouvements révolutionnaires radicaux aux États-Unis et dans le monde entier», a écrit M. Rubio dans un communiqué.

M. Rubio a défendu la décision de l’administration Trump d’imposer des sanctions de plus en plus sévères à La Havane, la plus importante visant le Grupo de Administración Empresarial S.A., un conglomérat d’entreprises géré par les Forces armées révolutionnaires cubaines.

Le chef de la diplomatie cubaine condamne les nouvelles sanctions

En plus de M. Díaz-Canel, Bruno Rodríguez, ministre cubain des Affaires étrangères, a dit que «l’inclusion ignoble» de M. Díaz-Canel et d’autres, y compris des institutions cubaines et des organisations de la société civile, «est le dernier exemple en date du plan interventionniste américain visant à présenter Cuba comme une menace pour la sécurité nationale des États-Unis».

«Toute action américaine visant à créer un scénario de conflit entre les deux pays est vouée à l’échec, a-t-il écrit sur X. Toute menace contre l’indépendance et la souveraineté de Cuba se heurtera à une unité et une détermination encore plus grandes de la part de notre peuple.»

Les nouvelles sanctions, qui gèlent tous les avoirs que les personnes visées pourraient détenir sur le territoire américain ou qui entreraient sur ce territoire, s’appliquent également aux entités non américaines susceptibles de faire affaire avec elles.

Outre les personnes physiques, les sanctions visent également le ministère cubain de la Défense, son Institut pour l’amitié entre les peuples, qui promeut les échanges entre les peuples, Amistur Cuba, une branche de l’institut qui supervise le tourisme spécialisé sur l’île et les Comités pour la défense de la révolution.

M. Díaz-Canel a été choisi en 2018 pour succéder à Raúl Castro et a été la première personne depuis des décennies à diriger Cuba sans porter le nom de Castro.

Sous son mandat, l’île a plongé dans la pire crise économique et énergétique de son histoire récente, une situation aggravée par le renforcement des sanctions imposées par l’administration Trump.

L’épouse de M. Díaz-Canel, Lis Cuesta Peraza, figure également sur la liste des sanctions. Elle ne porte pas le titre de première dame, titre aboli pendant la révolution, mais dans la pratique, elle agit en tant que telle, recevant d’autres épouses, telles que la reine Letizia d’Espagne et accompagnant son mari lors de voyages officiels.

Son fils, Miguel Anido Cuesta, qui est le beau-fils de M. Díaz-Canel, fait également l’objet de sanctions.

Cette nouvelle mesure accentue la pression sur le gouvernement cubain, mais ce n’est pas la première fois que les États-Unis imposent des sanctions à l’encontre de chefs d’État ou de gouvernement et de leurs proches.

Les États-Unis ont sanctionné l’ancien président soudanais Omar el-Béchir et l’ancien président zimbabwéen Robert Mugabe au début des années 2000 et, plus récemment, ont pris pour cible M. Maduro et son épouse.