Le président Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient détruit des sites militaires sur une île vitale pour le réseau pétrolier iranien. Il a également averti que l’infrastructure pétrolière du pays pourrait être la prochaine cible si l’Iran continuait d’entraver le passage des navires dans le détroit d’Ormuz.
M. Trump a affirmé que les forces américaines avaient «anéanti» vendredi des cibles sur l’île iranienne de Kharg, qui abrite le principal terminal gérant les exportations de pétrole du pays.
Le président du Parlement iranien avait prévenu que de telles frappes provoqueraient une riposte d’une ampleur inédite.
Parallèlement, un responsable américain a annoncé l’envoi de 2500 Marines supplémentaires et d’un navire d’assaut amphibie au Moyen-Orient, près de deux semaines après le début du conflit avec la République islamique.
De son côté, l’Iran poursuit ses attaques massives de missiles et de drones contre Israël et les pays voisins du Golfe, et a de facto fermé le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole mondial, tandis que les avions de combat américains et israéliens pilonnent des cibles militaires et autres à travers le pays.
La crise humanitaire au Liban s’est aggravée, faisant près de 800 morts et 850 000 déplacés, à la suite des frappes israéliennes contre le Hezbollah, groupe armé soutenu par l’Iran, et aux avertissements selon lesquels il n’y aurait aucun relâchement.
Des Marines américains au Moyen-Orient
Des éléments de la 31e unité expéditionnaire des Marines et du navire d’assaut amphibie USS Tripoli ont reçu l’ordre de se rendre au Moyen-Orient, selon un responsable américain, qui s’est confié à l’Associated Press sous couvert d’anonymat pour évoquer des plans militaires sensibles.
Les unités expéditionnaires des Marines sont capables de mener des débarquements amphibies, mais elles sont également spécialisées dans le renforcement de la sécurité des ambassades, l’évacuation des civils et les opérations de secours en cas de catastrophe.
Ce déploiement n’indique pas nécessairement qu’une opération terrestre est imminente ou aura lieu.
Le nouveau déploiement des Marines a été révélé par le Wall Street Journal.
La 31e unité expéditionnaire des Marines, ainsi que le Tripoli et d’autres navires d’assaut amphibie transportant des Marines, sont basés au Japon et se trouvent dans l’océan Pacifique depuis plusieurs jours, selon des images diffusées par l’armée.
Le Tripoli a été repéré par des satellites commerciaux naviguant seul près de Taïwan, ce qui le situe à plus d’une semaine des eaux iraniennes.
Plus tôt dans la semaine, la Marine américaine avait déployé douze navires en mer d’Arabie, dont le porte-avions USS Abraham Lincoln et huit destroyers. Si le Tripoli rejoignait cette flottille, il deviendrait le deuxième plus grand navire de la région après le Lincoln.
Bien que le nombre total de militaires américains déployés au Moyen-Orient ne soit pas clairement établi, la base aérienne d’Al-Udeid, l’une des plus importantes de la région, abrite habituellement quelque 8000 soldats américains au Qatar.
Frappes américaines sur une île du golfe Persique
Les frappes américaines sur l’île iranienne de Kharg, dans le golfe Persique, ont ciblé des sites militaires, mais ont épargné, pour l’instant, les infrastructures pétrolières, a énoncé Donald Trump sur les réseaux sociaux.
Il a toutefois averti que si l’Iran ou un autre pays entravait le passage des navires dans le détroit d’Ormuz, il reconsidérerait sa décision de ne pas «anéantir les infrastructures pétrolières».
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a averti jeudi sur les réseaux sociaux que des attaques contre les îles situées à la frontière maritime sud de l’Iran inciteraient l’Iran à «abandonner toute retenue», soulignant leur importance cruciale pour l’économie et la sécurité du pays.
Tir de missile dans l’enceinte de l’ambassade américaine à Bagdad
Un missile a touché un héliport situé dans l’enceinte de l’ambassade américaine à Bagdad, ont indiqué deux responsables de la sécurité irakiens.
Des images de l’Associated Press montrent une colonne de fumée s’élevant samedi matin au-dessus de l’ambassade.
Ce vaste complexe diplomatique, l’un des plus importants au monde, a été la cible de tirs de roquettes et de drones effectués par des milices pro-iraniennes.
L’ambassade américaine à Bagdad n’a pas immédiatement fait de commentaire. Elle a cependant renouvelé vendredi son alerte de sécurité de niveau 4 pour l’Irak, avertissant que l’Iran et les milices qui lui sont affiliées ont déjà mené des attaques contre des citoyens, des intérêts et des infrastructures américains, et «pourraient continuer à les cibler».
Explosion lors d’une manifestation
Plus tôt vendredi, dans la capitale iranienne, une forte explosion a secoué une place centrale où des milliers de personnes étaient regroupées pour le rassemblement annuel organisé par l’État en soutien aux Palestiniens et pour réclamer la disparition d’Israël.
Aucun blessé n’a été signalé. L’explosion survenue à Téhéran a secoué la place Ferdowsi en milieu de journée, où des milliers de personnes s’étaient rassemblées pour le rassemblement annuel de la Journée d’Al-Qods, scandant «Mort à Israël» et «Mort à l’Amérique».
Peu avant l’explosion, Israël avait diffusé un avertissement sur un compte X en persan, demandant à la population d’évacuer les lieux. Cependant, peu d’Iraniens ont pu le voir, les autorités ayant quasiment coupé l’accès à Internet.
Des images ont montré des personnes scandant «Dieu est le plus grand», tandis que de la fumée s’élevait dans le quartier.
L’armée israélienne a ensuite publié un second message en persan, indiquant que le chef du pouvoir judiciaire iranien était présent au rassemblement et critiquant l’Iran pour avoir empêché de nombreuses personnes de voir son avertissement.
Le président de la Cour suprême iranienne, Gholamhossein Mohseni Ejei, un homme politique conservateur, donnait une entrevue à la télévision d’État pendant la manifestation lorsque la frappe a eu lieu.
Entouré de ses gardes du corps, il a levé le poing et déclaré que l’Iran «sous cette pluie et ces missiles ne se retirera jamais».
Israël a annoncé plus tôt une nouvelle vague de frappes en Iran, ciblant des infrastructures. L’armée de l’air a déclaré avoir touché plus de 200 cibles au cours des dernières 24 heures, notamment des lanceurs de missiles, des systèmes de défense et des sites de production d’armements.
À Washington, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé que plus de 15 000 cibles ennemies avaient été frappées, soit plus de 1000 par jour depuis le début de la guerre.
Il a également cherché à apaiser les inquiétudes concernant le blocage du détroit d’Ormuz, assurant aux journalistes: «Nous gérons la situation et n’avons pas à nous en préoccuper.»
