Les États-Unis ont annulé le déploiement de 4000 militaires en Pologne, a confirmé vendredi un haut gradé américain, alors que Washington réorganise ses forces en Europe après avoir annoncé le retrait de milliers de soldats d’Allemagne.
Interrogé sur cette annulation lors d’une audition parlementaire, le général Christopher LaNeve, chef d’état-major par intérim de l’armée de terre, a assuré que le chef du Commandement européen «avait reçu des instructions concernant la réduction des effectifs».
«J’ai travaillé en étroite concertation avec lui (…) et il nous est apparu logique que cette brigade ne soit finalement pas déployée», a précisé M. LaNeve, faisant référence à la 2e brigade blindée de combat.
Le Pentagone avait annoncé au début du mois que Washington retirerait 5000 soldats d’Allemagne. Cette opération devait être terminée dans les «six à douze prochains mois», selon le porte-parole du ministère américain de la Défense Sean Parnell.
Donald Trump a par la suite affirmé que la réduction des effectifs irait «bien au-delà de 5000 hommes», sans toutefois fournir de détails.
Ces annonces interviennent dans un contexte de vif différend entre le président américain et le chancelier allemand Friedrich Merz au sujet de le conflit mené par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
M. Trump reproche à ses alliés européens leur manque de soutien à cette offensive lancée fin février, notamment sur la question du détroit d’Ormuz. Il affirme également vouloir voir l’Europe assumer davantage sa propre défense, plutôt que de dépendre de la protection militaire américaine.
Le ministre polonais de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a suggéré vendredi que l’annulation du déploiement prévu dans son pays pourrait avoir un rapport avec le retrait des troupes d’Allemagne.
«Si une autre brigade que prévue vient en Pologne, peut-être celle d’Allemagne, et que 5000 soldats quittent l’Allemagne pour la Pologne (…) il n’y a pas de changement dans les garanties de sécurité», a déclaré M. Kosiniak-Kamysz à des journalistes.
«Nous savons que les États-Unis s’emploient à ajuster leur posture en Europe», a par ailleurs assuré vendredi à l’AFP un responsable de l’OTAN.
À Washington, le député républicain Don Bacon a qualifié l’annulation de «source d’embarras pour notre pays», assurant que la Pologne «n’était pas au courant».
La députée démocrate Marilyn Strickland a, elle, regretté que cette décision «laisse penser que nous ne sommes pas un allié fiable».
