Les autorités judiciaires américaines ont revendiqué mercredi une participation décisive dans le démantèlement de centres d’arnaques en ligne à Madagascar opérés par des ressortissants chinois.
Le ministère américain de la Justice s’est doté en novembre 2025 d’une unité dédiée à la lutte contre les réseaux d’arnaques en ligne liées aux cryptomonnaies opérant à partir de l’Asie du Sud-Est pour le compte de présumés groupes criminels chinois.
Parmi ses dernières actions, cette unité a saisi les chaînes Telegram hébergeant la plateforme de commerce en ligne Xinbi Guarantee, ainsi que près de 52 millions de dollars de cryptomonnaies, a annoncé mercredi lors d’une conférence de presse la procureure fédérale de Washington, Jeanine Pirro.
«Xinbi Marketplace, qui a plus de 650 000 utilisateurs, est hébergée sur Telegram et c’est là que des fournisseurs proposent leurs services aux opérations d’arnaque», notamment pour la création de sites fictifs et le blanchiment de leurs revenus, a-t-elle affirmé.
Le Trésor américain a simultanément annoncé des sanctions financières contre Xinbi Guarantee, déjà visée par des sanctions britanniques, ainsi que contre deux entités soutenant ses activités.
«Ces réseaux ne se concentrent plus seulement sur l’Asie du Sud-Est», essaimant «à travers l’Asie, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique centrale», a ajouté Mme Pirro.
Elle a ainsi fait état de l’envoi d’enquêteurs américains au cours des deux dernières semaines à Madagascar pour aider au «démantèlement de 13 centres d’arnaque gérés par des Chinois dans ce pays, qui a abouti à l’arrestation de 500 fraudeurs en ligne», après l’analyse de «plus de 3200 appareils électroniques».
Le ministère malgache de la Justice a annoncé cette semaine le transfert vers leur pays d’une «première vague de 50 ressortissants chinois condamnés à Madagascar pour des infractions liées à la fraude en ligne».
Il ne s’agit pas d’une «remise en liberté», a précisé le ministère, assurant que ces personnes «poursuivront et achèveront l’exécution de leur peine dans les établissements pénitentiaires chinois», des peines allant «de 2 à 5 ans pour les simples exécutants, et de 5 à 10 ans pour les responsables et leurs employeurs».
Il n’est pas clair dans l’immédiat si ces personnes ont été jugées ou condamnées à la suite de l’opération évoquée par la procureure de Washington ou dans le cadre de procédures antérieures.
Plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, notamment la Birmanie et le Cambodge, abritent des complexes tentaculaires employant de force des milliers de personnes de diverses nationalités, souvent des Chinois, contraintes de réaliser des fraudes en ligne.
Les revenus de ces centres sont évalués à «près de 40 milliards de dollars par an», a indiqué Mme Pirro, «dont 12 milliards pour les seuls Américains, selon le département d’État», a-t-elle souligné.
